Poésie

À chaque aube je meurs

« Un homme pieux d’anxieux heaumes brièvement saufs fors l’appréhension des préjudices préhensiles parut ; c’était un vieux serviteur auprès de son seigneurial maître épris du devoir sincère de s’acquitter des tâches souvent ingrates que celui-ci donnait dans l’ignorance des faits, puisque jamais à l’avis d’autrui il n’avait eu recours […]. »

Philippe de Blandère, À chaque aube je meurs, Éditions Baudelaire, 2017, p. 85.

Motivations initiales

Recueil de poèmes que nous ont adressé les Éditions Baudelaire. Et dont le titre, mystérieux et tragique, attire l’œil !

Synopsis

Difficile de parler de synopsis pour un recueil de poésie. Mais le fil directeur de l’œuvre semble être la difficulté rencontrée par l’auteur à vivre dans une famille dont, visiblement, il ne partage pas les valeurs. Ainsi, il ouvre le recueil en signalant, en quelques lignes, qu’il dédie ces textes à sa famille, « qui se détermine en faveur de la bassesse et la médiocrité ». Il signale également plus particulièrement son père, qui lui a faire comprendre qu’il n’a jamais été désiré. Et il conclue en précisant que cela lui a donné la force « d’écrire et de dire le mépris [qu’il a] des gens prévisibles… ».

Une telle introduction nous place naturellement en situation d’avoir la plus grande envie d’adhérer à ce qui suit. Ce qui suit, c’est à dire 30 poèmes, suivis d’un texte d’une quarantaine de pages, suivi d’encore 30 poèmes.

Avis

> L’avis de T

Donner un avis sur de la poésie est toujours difficile – en tout cas, m’a toujours semblé difficile. Ainsi, pour donner un exemple de très haut vol, chez Mallarmé, autant je suis infiniment sensible au Sonnet en i majeur, le Sonnet en x m’a toujours semblé absolument artificiel… Il ne s’agit donc pas de discuter de la « qualité » intrinsèque de telle ou telle œuvre, simplement d’essayer d’exprimer un ressentir profondément individuel

Dans ce recueil, il y a des fulgurances :

« Pleuvait-il ? La pluie elle-même point ne le savait »

Je suis évidemment incapable de dire si ce que je plaque sur ce texte a le moindre rapport avec ce que l’auteur veut dire. Mais voilà un passage qui me parle.

Pourtant, si l’on sens, au travers des titres, une montée de la tension, je dois avouer être resté au bord du chemin. La langue est extrêmement travaillée, mais trop, de mon point de vue, du coup, j’ai eu l’impression d’un exercice de style qui bloque l’émotion – mais peut-être est-ce aussi l’objectif. Certains éléments qui reviennent m’ont semblé assez artificiels, surtout du fait de leur répétitivité : des parenthèses, des portions de texte entre tirets, mais, plus encore, des points d’interrogation ou d’exclamation entre parenthèses. Il y a ainsi au moins trois poèmes dans lesquels, en 40 vers, figurent 8 fois « (?) » ou « (!) »…

Ainsi, je suis resté à côté de plusieurs passages, comme, par exemple :

« Dicrote (?), mon pouls…, nûment dicline à demi-mot,

Demi-pause ! – sa cause peltée d’un rappel rocheux,

Je suis moins pendant que de nos lits toujours pelucheux

Satisfont aux frissons veinés moult pênes trop normaux… »

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