Aventures, Bandes dessinées, Heroic fantasy

Gagner la guerre – T. 1 Ciudalia

« C’est bien trouble tout ça. Bah ! De toute façon, au point où j’en suis… Quand on ne peut plus éteindre un incendie… on allume un contre-feu ! »

Frédéric Genêt, Jean-Philippe Jaworski, Gagner la guerre – T. 1 Ciudalia, Éditions du Lombard, 2018, p. 40.

Motivations initiales

Ayant lu le roman à l’occasion de sa sortie en format de poche, ma curiosité était forcément en éveil lorsque son adaptation en bande-dessinée a été annoncée. D’autant plus que, graphiquement, l’univers dans lequel se déroule ce roman semble se prêter parfaitement à un tel projet…

Synopsis

Don Benvenuto Gesufal est un truand. Mercenaire, membre de la Guilde des chuchoteurs, il loue son épée – ou sa dague, ou son arbalète, il n’est pas regardant – au plus offrant. Et, justement, Don Mascarina le charge d’assassiner, le soir même, un client anonyme. Une affaire qui devrait être simple.

Pourtant, elle s’avère bien plus compliquée que prévu. Benvenuto tombe dans un véritable traquenard, dont il n’échappe que grâce à ses remarquables talents. Et, la même nuit, Don Mascarina est tué, ainsi que le podestat Morigini, qui dirigeait le parti ploutocrate, qui soutenait le déclenchement de la guerre contre Ressine.

Il y a également un lien, probablement, avec le massacre de Kaellsbruck, survenu quelques années plus tôt, lors d’une expédition à laquelle Benvenuto avait participé.

Quel est donc le lien entre tous ces événements ? Qui manipule les fils en coulisse ? Car, naturellement, il s’agit de politique…

Avis

> L’avis de T

J’avais déjà lu cette bande dessinée voilà un mois, à peu près, sans parvenir à mettre en forme mes idées. Je l’ai donc relue. Et je vais essayer, cette fois, d’écrire cette chronique dans la foulée.

Mais l’exercice est compliqué. D’abord parce qu’il faut se détacher du souvenir du roman, de ce pavé (plus de 900 pages). Ce souvenir, justement, est envahissant, comme l’écrit d’ailleurs très joliment Jean-Philippe Jaworski dans le texte en forme de préface qui précède la bande-dessinée. Une sorte d’attirance-répulsion. Attirance, parce que sinon, vous n’arrivez jamais au terme des presque 1000 pages ; répulsion, parce que, par moment, vous peinez dans le réseau des intrigues.

Bref, je voulais lire cette bande-dessinée comme une adaptation, c’est à dire sans chercher à retrouver l’original dans l’adaptation, et sans essayer de comparer. C’est ce que je n’avais pas réussi à faire à la première lecture.

Mention spéciale à la couverture : tout est là. L’ambiance le dit clairement, on est dans quelque chose qui ressemble à l’Italie, à la Renaissance. La ville de Ciudalia dissimule ses secrets dans de petites ruelles sombres, dans un contraste saisissant avec ses monuments imposants.Le ciel et la mer se rejoignent, mais ne constituent qu’une toile de fond, un décor, pour les intrigues humaines. Leur pureté tranche avec la noirceur , le clair-obscur, des destinées. Et cet homme, représenté de dos, Don Benvenuto Gesufal, est une ombre parmi les ombres, alors même qu’il laisse derrière lui des marques de sang, le sien et celui de ses victimes.

Ce premier tome pose bien les bases de ce que sera, très probablement, la série : un détour par les arcanes de la politique, qui broie, qui manipule, qui entortille. Une première fois, Don Benvenuto se retrouve embarqué dans une affaire dont les implications le dépassent. Les fils sont tellement mélangés qu’il a bien du mal à distinguer le vrai du faux. Il est pourtant maître dans l’art du faux-semblant.

Et pourtant, on s’attache à ce personnage. Une crapule, certes, mais une crapule intelligente, que ses faiblesses rendent humaine. On adore le regarder se débattre dans ce filet qui semble se refermer sur lui inexorablement. Il est délicieusement détestable.

Alors, que faut-il en penser ? Du bien ! Le format bande-dessinée colle parfaitement, pour moi, à cette histoire. Alors que parfois, dans le roman, je ne savais plus vraiment à quoi me raccrocher, ici, rien de tel. Peut-être est-ce lié au fait qu’il s’agit uniquement du premier tome, ou alors l’adaptation a-t-elle amené à simplifier l’intrigue. Mais, dans tous les cas, je trouve qu’il s’agit d’une belle réussite !

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