Aventures, Drame

Nous rêvions juste de liberté

« J’ai fait mine de sourire, mais en vrai j’en menais pas bien large. Freddy, il me fascinait, sûr, mais je savais aussi qu’il était quand même pas mal dangereux, dans sa tête. Capable de tout. J’ai avalé ma salive, j’ai mis le foulard sur mes yeux et je l’ai noué derrière ma tête. »

Henri Loevenbruck, Nous rêvions juste de liberté, Éditions J’ai Lu, 2017, p. 40.

Motivations initiales

J’ai lu presque tout Loevenbruck, à l’unique exception de Gallica. Parce que cela ne s’est pas présenté. Mais ce n’est qu’une question de temps. Et l’une des choses qui m’a toujours frappé chez cet auteur, au même titre que chez un Brussolo, c’est sa capacité à passer d’un thème à un autre, d’une époque ou d’un monde à un autre, d’un style à un autre. Et que cela reste toujours aussi clair, précis, droit.

Alors quand Nous rêvions juste de liberté est sorti, là encore, ce n’était qu’une question de temps avant que je le lise. Je l’ai commencé avant-hier. Et je viens de le finir.

Synopsis

À Providence – une ville qui pourrait ressembler à une ville américaine, sans l’être vraiment, qui pourrait être en France mais qui ne l’est pas non plus -, Hugo Felida essaye de grandir, comme il peut. Sa petite sœur, renversée par une moto, est morte alors qu’il avait sept ans. Son père, ouvrier dans les hauts-fourneaux,ne connait guère plus que le langage de la violence. Sa mère boit pour oublier.

Renvoyé du lycée public, il se retrouve dans le lycée privé du coin, où il fait la connaissance de trois autres adolescents, de ces enfants que l’on dit « difficiles » : Freddy Cereseto, fils du garagiste italien, Oscar, surnommé le Chinois, et Alex. Tous sont issus des milieux modestes de la ville, et ils sont animés par la colère de l’injustice.

Avec eux, Hugo découvre la moto – et la liberté. Alors qu’il a gagné le surnom de Bohem, la bande franchit les étapes de la petite délinquance : petits larcins, bagarres, dégradations…

Où tout cela emmènera-t-il Bohem ?

Avis

> L’avis de T

Je me méfie toujours des citations reprises de la presse ou d’autres auteurs, et que l’on vient mettre comme des arguments de vente sur la couverture d’un livre. Alors je n’avais même pas lu l’avis repris de l’Obs qui figure en 4e de couverture de ce roman. Pourtant, j’ai très envie de reprendre leur commentaire : Nous rêvions juste de liberté est un « véritable uppercut ».

La moto, les clubs de motards, l’amitié virile soudée à grands coups de baffe dans la gueule, a priori, ce n’est pas vraiment mon mode de fonctionnement – ceux qui me connaissent risquent de sourire en lisant cela -. La petite délinquance, le culte des armes, la came, on ne peut pas dire que ce soit ma tasse de thé. Bref, il n’était pas exclu que ce livre me laisse sur le bord de la route, spectateur de la course de ces motos… En plus, collant à son personnage, Henri Loevenbruck omet quasi-systématiquement la négation dans ses phrases, et connaissant mon côté psycho-rigide, cela aurait pu me bloquer.

Mais pas du tout ! Je me suis, au contraire, pris une immense claque. J’ai lu la deuxième moitié de ce livre en apnée. Et je suis encore sous le choc de l’épilogue. Pourquoi ? Parce que si leur actions sont à l’opposé de moi, les sentiments qui se cachent derrière sont, eux, universels !

Le sujet du livre est assez simple : comment ces quatre adolescents peuvent-ils, vont-ils, apprendre à vivre, sachant qu’ils n’ont pas forcément appris les codes ? Leur amitié peut-elle leur permettre de se construire ? Et quand on part, que laisse-t-on derrière soi ?

À partir de la deuxième partie, c’est à un road-movie que Loevenbruck nous invite. Ensemble, ils vont faire l’apprentissage de la vie, de l’amour, de la société des motorcycling clubs… mais aussi de la violence, de la douleur, de la mort, et de la trahison.

Et alors ? Alors, c’est remarquable. Alors c’est un livre que je veux que mes fils lisent. Parce que, la vie, c’est tout cela. Naturellement, on n’est pas obligé de vivre ainsi, en mode « sexe, drogue et rock & roll », on n’est pas obligé d’être autant dans l’excès. Mais les questions de l’amitié, et de ce qu’elle peut devenir, de l’amour, du pouvoir, de la liberté se posent forcément à tous, d’une façon ou d’une autre.

Monsieur Loevenbruck, je vous remercie. Ce livre, c’est exactement le type de livres qui fait que j’aime lire. Bon, d’ailleurs, à ce propos… si jamais il était encore possible, puisque vous travaillez encore avec Fabrice Mazza, de donner une suite à Sérum… je n’ose plus espérer, mais c’était tellement bien… Mais même si ce n’est pas le cas, je vous remercie de tout ce que vous nous avez déjà offert !

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