Fantastiques, Science-fiction

Ravage

«Écoutez, m’sieur Portin, nous, on est là, on sait pas, et on veut savoir. Vous, vous savez, la Science… Il faut nous dire. Qu’est ce qui se passe ? Quand est-ce que ça va finir ? Le vieillard, péniblement, se leva de son fauteuil. Il tremblait. 

– Mes bons amis… dit-il.

Sa voix aigrelette ne portait pas à plus de dix mètres. 

– Mes bons amis, je ne peux rien vous dire, je ne sais rien. On n’a jamais vu ça. Notre science est une science expérimentale. Or, le phénomène qui vient de se produire ne correspond à rien de ce que nous savons. C’est en violant toutes les lois de la Nature et de la logique que l’électricité a disparu. Et, l’électricité morte, il est encore plus invraisemblable que nous soyons vivants.»

René Barjavel, Ravage, Folio, 1943, p. 125.

Motivations initiales

Ayant passé un agréable moment lors de ma lecture de La nuit des temps, on m’a conseillé de lire Ravage… Alors pourquoi pas ne pas se lancer ?

Synopsis

En 2052, François, jeune étudiant brillant, quitte sa Provence natale pour retrouver Paris où vit Blanche, son amie d’enfance, dont il est amoureux depuis longtemps. Parvenant, grâce aux moyens de transports futuristes, à rejoindre Paris depuis Marseille en une vingtaine de minutes, François connaît la désillusion en apprenant que Blanche est en passe d’épouser un riche directeur de radio, Jérôme Seita. Ce dernier se débrouille pour que François ne soit pas reçu à des examens, alors même que tout était réuni pour qu’il soit major de promotion.

C’est alors qu’une panne d’électricité géante bouleverse le destin de François – et du monde. En effet l’énergie électrique est le moteur de ce mode futuriste : sans elle, ce monde n’existe plus. La Provence devient alors une terre promise pour les exilés qui fuient un Paris dévasté par le feu. Menant un petit groupe, François revient à la terre de ses racines, où il deviendra un nouveau père pour le monde, dans une société fondée sur de nouvelles bases.

Avis

> L’avis de C

Ce livre est une dystopie – un récit de fiction qui décrit une utopie qui tourne au cauchemar -, écrite dans les années 40 par Barjavel. La question posée alors par l’auteur est celle du devenir d’une société reposant entièrement sur la disponibilité d’une source d’énergie… ce qui n’est pas sans nous rappeler des questions infiniment actuelles,  en ces temps de troubles environnementaux et climatiques intenses…

Naturellement, l’idée que les hommes de 1940 se faisaient de l’an 2000 est assez éloignée de la réalité. Technologiquement, mais également socialement et politiquement, l’évolution – le progrès ? – n’a pas été exactement celle qu’ils imaginaient. Pourtant, les questions soulevées ici par Barjavel, elles, sont clairement d’une brûlante actualité.

J’ai particulièrement apprécié ce livre qui nous plonge dans un futur à suspense. Je n’oublierai pas non plus de rappeler que Barjavel nous renvoie à notre condition d’hommes et de femmes qui bien qu’étant capable d’édifier de grandes choses, ne sont rien face aux « caprices » et de la nature. Une nature qui, du jour au lendemain, peut reprendre tout ce qu’elle a donné : l’existence ou non des humains importe peu. Ainsi, à la fin du livre, les hommes sont confrontés à une existence qui est pratiquement celle des nos plus lointains ancêtres, privés de tous les moyens de production qui nous paraissent évidents aujourd’hui.

Je vous recommande donc vivement ce roman de science-fiction à la française, précurseur du genre, et qui oblige à réfléchir, sous un autre angle, les questions climatiques…

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3 réflexions au sujet de “Ravage”

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