Aventures, Policiers

L’aiguille creuse

Chronique de L’Aiguille creuse, de Maurice Leblanc.

« Enfin les deux hommes étaient dressés l’un contre l’autre. J’eus l’impression d’un choc, comme s’ils s’étaient empoignés à bras-le-corps. Une énergie subite enflammait Beautrelet. On eût dit qu’une étincelle avait allumé en lui des sentiments nouveaux, l’audace, l’amour-propre, la volupté de la lutte, l’ivresse du péril. »

Maurice Leblanc, L’Aiguille creuse, Le Livre de Poche, 54e édition, 2010 (première publication 1973), p. 88.

Motivations initiales

Cette aventure d’Arsène Lupin, je l’ai lue pour la première fois, il y a longtemps. Et j’avais trouvé cela séduisant. Qu’en serait-il des années plus tard ?

Synopsis

À l’occasion du cambriolage du château de Gesvres, Raymonde de Saint-Véran, la nièce du comte, tire sur la silhouette de l’un des cambrioleurs. L’homme s’effondre, se relève, retombe. Aussitôt, toutes les issues du parc sont surveillées. Pourtant, on ne retrouve pas l’individu. De plus, rien ne semble avoir disparu, alors que les deux jeunes filles de la maison ont distinctement vu plusieurs hommes chargés…

Rapidement, le juge d’instruction est sur place, ainsi que deux journalistes. Mais l’un de ces derniers se révèle être Isidore Beautrelet, élève du lycée Janson-de-Sailly et détective amateur, dont l’intelligence vive éclate au grand jour, suscitant l’admiration de Herlock Sholmès et de Ganimard, les deux ennemis jurés d’Arsène Lupin. Car c’est naturellement le célèbre gentleman-cambrioleur qui se trouve derrière toute cette histoire.

Isisore Beautrelet se montrera-t-il à la hauteur ? Parviendra-t-il à faire la lumière sur les événements survenus alors ? Et quelle est donc cette aiguille creuse qui, dans un message crypté retrouvé dans le parc du château, semble être l’un des éléments de l’énigme ?

Avis

> L’avis de T

Disons-le d’entrée : j’avais quelque appréhension à relire ce livre. Je craignais la déception. En effet, depuis Arsène Lupin, de l’eau a coulé sous les ponts. Les romans policiers sont devenus des thrillers, les romans de gare des page-turners. Comment avait bien pu vieillir ce roman de mon enfance ?

Eh bien ce qui est très curieux, c’est que j’ai ressenti exactement ce à quoi je pouvais m’attendre : le style est un peu vieilli, mais le personnage d’Arsène Lupin reste éminemment sympathique. Son inventivité hors du commun, sa nonchalance et sa décontraction, parfois mâtinées d’un brin de suffisance et de provocation, demeurent assez irrésistibles, même si on peut lire, entre les lignes, une forme de misogynie qui est sans doute l’élément le plus daté du roman. Et, en effet, les personnages féminins sont assez pâles : mis à part Raymonde de Saint-Véran, les femmes passent beaucoup de temps à se tordre les mains d’angoisse et à chercher l’aide d’un homme… Elles sont donc réduites au rang d’ornement plus ou moins inutile, maternelles ou destinées au mariage.

L’intrigue est d’une imagination folle. Et, sans le savoir, Isidore Beautrelet s’attaque finalement à une énigme historique dont les fondations remontent au moins à la conquête de la Gaule par César.

Bref, une bien agréable lecture, qui donne le sourire. Et, rien que cela, cela en vaut la peine, non ? Alors, si vous n’avez jamais eu l’occasion de pratiquer : pensez à L’Aiguille creuse !

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1 réflexion au sujet de “L’aiguille creuse”

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