Policiers, Roman noir, Thrillers

Octobre

Chronique de Octobre, de Soren Sveistrup.

« Avant d’aller jusqu’au bout de sa pensée, il perçoit un mouvement derrière lui, du côté du placard, et reçoit un premier coup sur la tête, suivi de plusieurs autres. Il fait tomber la lampe torche, des rais de lumière strient le plafond, qui se divise en une multitude d’images, comme lorsqu’on regarde dans un kaléïdoscope, tandis que les coups continuent de pleuvoir sur son visage et emplissent sa bouche de sang. »

Soren Sveistrup, Octobre, Le Livre de Poche, 2020, p. 282.

Motivations initiales

Dans la sélection de juillet du Prix des lecteurs du Livre de Poche, catégorie polar, ce premier roman d’un danois. Mais l’homme n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il est scénariste et qu’il a, entre autres, créé, scénarisé et produit la série The Killing, succès international récompensé lors des BAFTA. On peut donc s’attendre à du sérieux !

Synopsis

Dans la banlieue de Copenhague, on retrouve le corps d’une femme, amputée d’une main. Pas de traces, pas d’indice, si ce n’est une petite figurine, un bonhomme fabriqué avec des marrons.

Du côté de la police, l’affaire est confiée à la brigade criminelle, dirigée par le commissaire Nylander. Il charge Naia Thulin de se rendre sur place, en emmenant avec elle Mark Hess, inspecteur également, mais qui, depuis cinq ans, est agent de liaison auprès d’Europol.

L’équipe improbable – Naia Thulin ne rêve que de rejoindre le NC3, la brigade chargée des questions de cybercriminalité ; Mark Hess ne rêve que de repartir de Copenhague – se retrouve alors confrontée à ce meurtre mystérieux.

Et puis un deuxième meurtre survient, suivant un scénario élaboré, et, cette fois, la femme a été amputée des deux mains… Et le meurtrier semble toujours avoir un coup d’avance sur eux…

Quel lien a cette affaire avec les meurtres survenus sur l’île de Mon, trente ans plus tôt ? Et avec la disparition de Kristine Hartung, fille de la ministre des affaires sociales, survenue, elle, un an plus tôt ?

Avis

La mécanique est impeccablement huilée. Les fausses pistes sont habilement disséminées de-ci, de-là, et tout est fait pour que nous tombions dedans à pieds joints. C’est donc redoutablement efficace. S’il y avait un reproche à faire à ce livre, ce serait presque cela, d’ailleurs, mais comme nous adorons nous faire balader – et même nous en redemandons -, nous n’allons tout de même pas nous plaindre !

Les personnages de Thulin et de Hess sont vraiment intéressants, dans leur complexité. Et Mark Hess, qui ne nous est pas présenté sous son meilleur jour au démarrage, gagne progressivement en épaisseur. Et on peut d’ailleurs dire la même chose de tous les personnages, qui sont tous riches, et ne sont jamais simplistes. Chacun a ses failles, ses fêlures, ses insuffisances. Et la façon dont chacun se débrouille de ses propres difficultés est vraiment bien rendue.

Décidément, les polars nordiques ont vraiment pris une place majeure, et les auteurs font assaut d’imagination et d’efficacité. Cela finit par poser question, car ils nous décrivent, pour l’essentiel, des sociétés glaçantes, dont le modèle social est, pour l’essentiel, un échec. Et, parmi les thèmes qui reviennent, il y a celui des violences sexuelles.

Un très bon roman policier, noir comme on l’aime, avec du sang et de la souffrance. Vraiment, une excellente lecture, à ne surtout pas rater pour les amateurs du genre ! Et, en plus, vous apprendrez des choses sur les marrons !

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