Policiers, Roman noir

Les effarés

Chronique de Les effarés, de Hervé Le Corre.

« À genoux, Richard pleure avec une voix de môme et avance comme un pénitent vers le corps qui ne bouge plus et il le secoue en lui ordonnant de cesser de faire le con, de se réveiller, un costaud pareil descendu par un petit mec qui lui rend vingt centimètres et trente kilos, on croirait un manager qui tente de remettre son poulain sur pieds pour la quinzième reprise, merde, merde, tu dormiras plus tard. »

Hervé le Corre, Les effarés, Éditions Points, 2020, p. 24.

Motivations initiales

Participer à un jury, c’est toujours l’occasion de lire des livres que l’on n’aurait pas repérés en librairie, de découvrir des auteurs que l’on ne connait pas. Ici, c’est de Hervé Le Corre qu’il s’agit, alors même que j’ai vu passer de nombreux livres de lui. Mais aucun n’avait encore rejoint ma PAL…

Synopsis

Dans le quartier bordelais de Bacalan, plusieurs barres d’immeuble sont condamnées. La plupart des familles ont été relogées ailleurs, seuls quelques irréductibles refusent encore de partir, alors que les logements sont promis à la démolition. Condamnés, les appartements vides deviennent un espace hors de la ville et du temps. Certains en font le lieu de leurs « échappées belles », d’autres y installent leurs trafics.

Mais un quartier, ce sont aussi des hommes et des femmes, des destins qui se croisent, se mêlent, se défont, se séparent. Manuel, François et Richard s’attaquent à des camionneurs, pour s’emparer de leurs cargaisons. Olive et Tayeb, deux ados qui fantasment sur les filles des magazines érotiques… et aussi sur Mila, la plus belle du quartier, à qui il suffit de glisser quelques billets… mais cette dernière a déjà fort à faire pour calmer les ardeurs de son beau-père… Marion Ducasse, inspecteur, que ses collègues masculins prennent plus ou moins au sérieux, et dont le petit ami est présent quand il a le temps et pas mieux à faire… Et puis, naturellement, il y a quelques personnes qui tirent les ficelles.

La chaleur, le désœuvrement, les diverses frustrations, les tentations… Tout cela risque de se finir en bain de sang !

Avis

J’avoue : à certains moments, j’ai eu du mal à comprendre ce que l’auteur voulait exprimer. Au début du livre, surtout, et en particulier sur la première page. Drôle de façon d’entrer dans un livre. Jugez-en, avec l’incipit : « Mai appuie sur les êtres humains, les bêtes et les choses avec ses doigts brûlants comme pour en extraire, avec un entêtement bleu, toute ombre de fraîcheur ». Bleu, l’entêtement ? Je ne sais pas. De-ci, de-là, il y a certaines images dont j’ignore ce qu’elles sont censées décrire.

Mais rapidement, les choses s’éclairent, et l’on rentre dans le vif du sujet… si j’ose dire… car, tout aussi rapidement, le vif devient mort.

C’est trouble, c’est glauque, c’est triste. Chacun essaye de s’en sortir, comme il peut, mais on sent bien que certains ont bien moins de chances que les autres. Tayeb, comme son prénom l’indique, part avec un handicap ; Olive, pour sa part, est un peu lent, voire carrément empoté ; Mila… Mila est jolie, mais est-ce une chance ou un risque ?

Les femmes, d’ailleurs, ne sont guère à l’honneur dans ce livre. Quand elles sont jolies, elles sont des proies. Quand elles ne le sont pas, elles sont aigries. Bon…

Vous l’aurez compris, cette lecture est en demi-teintes, pour moi. L’intrigue ne parait pas très creusée, le tout se termine en bain de sang. Ce n’est pas une lecture désagréable, mais cela n’est pas non plus la lecture de l’année. C’est réaliste, c’est cru, c’est droit. Mais j’ai eu l’impression d’être simplement dans la position d’un spectateur.

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