Policiers, Roman noir, Thrillers

Serial bomber

Chronique de Serial bomber, de Robert Pobi.

« Lucas observa les visages dans la foule, tous tournés vers la rue, téléphones levés dans l’espoir d’obtenir le rush de dopamine de quelques vues YouTube supplémentaires. Bienvenue dans le futur, où chacun vit pour l’approbation de la chambre d’écho. »

Robert Pobi, Serial bomber, Les Arènes, 2021, p. 61.

Motivations initiales

Après avoir, en début d’année, lu City of windows, en tant que juré du Prix du Meilleur Polar des lecteurs Points, lorsque l’occasion s’est présentée, lors d’une opération Masse critique de Babelio, de recevoir cette deuxième aventure de Lucas Page, aucune hésitation ! Restait à savoir si nous serions retenus… et cela a été le cas !

Synopsis

New York. À l’occasion de la prochaine introduction en bourse d’une entreprise, Horizon Dynamics, le musée Guggenheim a été privatisé, pour accueillir 700 invités, pour la plupart appartenant aux élites des États Unis, banquiers, investisseurs… L’explosion qui ravage le lieu fait plus de 700 victimes, et détruit pour plusieurs milliards de dollars d’œuvres exposées dans le musée.

Brett Kehoe, qui coordonne l’enquête pour le compte du FBI, a nommé Samir Chawla comme enquêteur principal, mais il vient également solliciter Lucas Page. Celui-ci accepte, sans mesurer le danger que cela pourrait lui faire courir, ainsi, une nouvelle fois, qu’à sa famille.

Rapidement, l’enquête montre qu’au travers d’Horizon Dynamics, ce sont les frères Hockney, deux milliardaires, qui pourraient être visés. Et ce n’est pas la lettre de revendication, faisant état d’une lutte contre l’invasion des technologies, qui va éclaircir l’affaire…

Avis

Même si cela n’a pas de lien direct avec l’histoire qui nous est racontée ici – encore que -, il est encore plus évident que dans City of windows que Robert Pobi ne voit pas d’un très bon œil la prise de pouvoir sur nos vies de la technologie. Et c’est un euphémisme… Ses critiques des réseaux sociaux, de l’invasion numérique, sont acerbes. Et il égratigne au passage ceux d’entre nous qui, pour une éphémère notoriété numérique, sont prêts à tout. En témoigne la citation donnée au début de cette chronique… Le rappel n’est pas inutile, et vous aurez noté que c’est un thème désormais récurrent, plusieurs des livres chroniqués récemment abordent ces questions sous des angles divers.

Mais revenons à notre ami Lucas Page. Enfin, ami… Il est sans doute risqué de s’autoproclamer l’ami de cet homme qui cultive une sérieuse misanthropie. Pourtant, on voit bien que ce qui l’agace réellement, chez la plupart de ceux qui l’entourent, c’est leur manque d’ouverture d’esprit. Et, au FBI, il est particulièrement servi en la matière !

Quoi qu’il en soit, c’est donc à un poseur de bombes qu’il s’attaque ici. Après l’audacieux attentat contre le musée Guggenheim, c’est un datacenter qui explose. Et chaque nouvelle explosion souligne à la fois à quel point la théorie initiale du FBI est erronée, mais sans permettre de reconstituer l’histoire de façon cohérente.

L’histoire est parfaitement alambiquée, les fausses pistes sont nombreuses, les ambitions apparentes sont contredites par les motivations profondes – et l’auteur semble penser que, dans les milieux financiers, une telle attitude est la norme -. Les deux frères Hockney sont parfaitement détestables… même si, par un habile retournement de situation, Robert Pobi nous donne finalement à voir le courage, derrière la surface hautaine.

Une deuxième aventure qui maintient largement le niveau, et qui donne envie de découvrir bientôt la suivante… Car au-delà du côté inhumain de Lucas Page, on s’est pris d’intérêt pour la famille qu’il protège si mal, mais à laquelle il est pourtant si attaché.

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