Historiques, Roman

Hiver 1814

Chronique de Hiver 1814, de Michel Bernard.

« On murmurait autour de lui, on confiait ses doutes aux amis fiables. Il continuait d’impressionner, mais ne surprenait plus ; on continuait de redouter son regard, mais sa voix ne glaçait plus. Le doute chassait la crainte. »

Michel Bernard, Hiver 1814, Éditions de la Table Ronde, 2021, p. 12-13.

Motivations initiales

Ce roman m’a fait de l’œil dans la librairie il y a quelques mois. Vous commencez à me connaître, Napoléon c’est ma grande découverte de ces dernières années. Je n’ai pas eu la chance d’aborder son règne et les subtilités du personnage sur les bancs de la fac alors je me rattrape !

Synopsis

Est de la France. Janvier 1814. Et si le souverain le plus puissant d’Europe était abandonné par sa puissance et son génie ?

La boue, le froid, le manque de moyens humains et matériels, les doutes, la fatigue… L’armée de Napoléon est saignée par les prussiens et les russes, les ennemis de l’Empereur ne laissent aucun répit aux français et veulent pousser l’Empereur à abdiquer.

Avis

Je lis davantage de livres d’histoire que de romans historiques, notamment par crainte de la façon dont la vérité historique peut être traitée par certains auteurs. Mais, pour ce livre, l’envie a été plus forte que les préventions. Néanmoins, je l’ai abordé avec autant de curiosité que de circonspection.

Le résultat a dépassé ce à quoi je m’attendais. Car, finalement, ce livre me fait toucher du doigt toute la différence entre un livre d’histoire, construit pour soutenir une théorie, une thèse, et un roman, qui cherche avant tout à partager des émotions. Là où un historien aurait recherché à évacuer autant que faire se peut toute subjectivité, Michel Bernard met la précision historique au service de ses personnages !

J’imagine que, de l’extérieur, cela aurait pu sembler curieux à beaucoup de gens de me voir verser des larmes sur des scènes de manoeuvres militaires, de charges de cavalerie, d’établissement à la hâte d’un camp pour se protéger de l’ennemi. Et pourtant, c’est bien cela qui s’est produit !

Dès les premières pages, l’auteur embarque son lecteur pour un grand moment aux côtés de Napoléon. Très vite, on comprend que cette campagne de France sonne le glas de l’épopée napoléonienne. On souffre aux côtés des hommes de l’empereur, le vent de l’Est, glacial, claque sur nos joues, on doute des dires de l’Empereur mais malgré tout, on espère qu’il arrivera encore une fois à faire preuve de génie et à sortir la France de cette impasse.

Ouvrir ce livre c’est embarquer pour un long et douloureux périple, c’est sentir le sol trembler au passage des dizaines de milliers d’hommes qui foulent l’Est de la France. Si j’osais, je vous dirais que Michel Bernard est un virtuose extrêmement habile qui fait passer son lecteur par de multiples émotions. Dans ce brillant livre, l’auteur décrit avec justesse les horreurs de la guerre, les trahisons politiques et la chute de l’Empire. Tout sonne juste, les passages romancés se nourrissent et complètent harmonieusement les éléments purement historiques. Et pourtant, la chronologie de cette campagne de France est plus que mouvementée et difficile à assimiler, ce qui souligne tout le travail effectué par l’auteur.

Ce livre est, pour moi, un véritable chef d’œuvre, qui parvient à créer de l’émotion sans renoncer à la justesse historique. Et c’est d’autant plus remarquable, à mon sens, qu’il s’agit d’un moment de l’histoire de France sur lequel on pensait que tout avait déjà été dit.

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