Policiers, Roman noir, Thrillers

Les sept châtiments

Chronique de Les sept châtiments, de Jordi Llobregat.

« Elle essayait de déterminer si cette bête était réelle ou si c’était elle qui avait définitivement perdu la raison quand, soudain, le loup se leva ; après avoir regardé du côté de la vallée, il lui tourna le dos et s’enfonça de nouveau à pas furtifs dans la forêt. Un lambeau de brume le cacha un instant ; quand il se fut dissipé, l’animal avait disparu. »

Jordi Llobregat, Les sept châtiments, le cherche midi, 2021, p. 121.

Motivations initiales

Nouvelle lecture dans le cadre de la TeamThriller avec ce deuxième roman de l’espagnol Jordi Llobregat, une découverte puisque, chez Ô Grimoire, nous n’avions pas lu le Huitième livre de Vésale. Qu’allait donc nous réserver ce livre, Les sept châtiments ?

Synopsis

On retrouve un homme dans une piscine, les bras menottés dans le dos, les paupières cousues par du fil métallique. Même dans des circonstances normales, ce ne serait pas classique. Mais c’est dans les bâtiments en construction d’une nouvelle station candidate à l’organisation des jeux olympiques, à la frontière franco-espagnole que le cadavre est retrouvé. La pression sur les policiers se retrouve, du coup, particulièrement forte : il ne faut pas laisser cette affaire mettre en danger la candidature !

C’est Alex Serra, sous-inspectrice aux homicides de la police de Barcelone, qui est chargée de l’enquête, ce qui l’amène à revenir sur les lieux de son enfance, où sa sœur, Lia, a disparu, une région qu’elle a fui depuis…

Avis

Un premier critère qui permet de savoir si on a accroché à un thriller, c’est évidemment le temps mis pour le lire. Et, pour ce livre, clairement, on passe facilement le cut, avec ses 450 pages dévorées en quelques jours seulement.

Un deuxième critère, c’est évidemment celui de l’intrigue. Et, là… eh bien je ne vais rien dire de très précis ici, pour ne pas spoiler. Mais on a plusieurs fils narratifs, dont on ne voit pas, pendant une bonne partie du livre, comment ils vont s’associer pour former une trame cohérente. Et ça fonctionne.

Mais, et c’est là où on constate qu’à force de lire des thrillers, on devient exigeants… il y a un bémol. Ou, plus exactement, deux bémols. Qui se rejoignent. Ou, plus exactement, qui sont deux expressions distinctes d’un même point.

D’abord, sur le fond. Sur la couverture, est repris un commentaire de l’auteur Bernard Minier, qui dit « Il y a dans ce roman tous les ingrédients que j’aime, en tant que lecteur et en tant qu’auteur ». Et, en effet, il y a beaucoup d’éléments. Et, tout comme pourrait vouloir le dire cette citation, il y a tous les éléments qu’on aime… trop peut-être ! En effet, sans entrer dans les détails, il y a une base historique, avec des nazis, des juifs et des passeurs – ce qui nous rappelle aussi des choses malheureusement très actuelles -, des activistes, de la pédophilie dans l’Église, une forme de porphyrie – vous savez, la maladie de Dracula ! -, les sept péchés capitaux et une enquêtrice qui traîne comme un boulet une terrible culpabilité. Pratiquement, avec tous ces éléments, on doit pouvoir construire deux ou trois histoires !

Et on retrouve quelque chose de proche sur la forme. On le sait, dans un thriller, il faut du rythme, que ce soit soutenu. Mais, là, par moment, cela m’a donné l’impression que c’était trop. Les chapitres s’enchaînent presque trop vite. Ils sont courts – je ne me rappelle pas avoir déjà vu des chapitres de 2 ou 3 pages, comme il y en a quelques uns ici. Cela donne l’impression d’un stroboscope, vous savez cet éclairage syncopé qui favorise la survenue de crises d’épilepsie. À certains moments, j’aurais vraiment apprécié de me poser un petit peu plus avec certains des personnages.

Je le redis : ce sont des bémols ! Pas des critiques lourdes ! Par définition, l’auteur fait des arbitrages, des choix, et ces choix fonctionneront pour certains lecteurs, donneront une impression de déséquilibre pour d’autres. C’est normal. Moi, j’ai eu cette sensation de sur-saturation par moments, mais la lecture reste néanmoins efficace. Simplement, si vous aimez des thrillers dans lesquels on se pose un peu, vous risquez d’être un peu en surdose… Si, en revanche, vous adorez être en apnée, alors, pas de doute, ce livre devrait vous plaire !

D’ailleurs, il pourrait presque y avoir une suite – oui, à la fin, tout n’est pas totalement réglé… -, et, si cela devait advenir, c’est avec plaisir que je retrouverais Alex Serra dans une nouvelle aventure. C’est donc que cela l’a bien fait !

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

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