Humour, Roman

Mémé dans les orties

« Ferdinand Brun est né un vendredi 13. Sa mère a fait tout ce qu’elle a pu pour le retenir quelques heures de plus, mais c’est en avance de vingt minutes qu’elle a pu constater la décevante masculinité de sa progéniture non désirée. »

Aurélie Valognes, Mémé dans les orties, Le Livre de Poche, p. 23, 2016.

Motivations initiales

C’est un cadeau. Merci B. !

Synopsis

Un infernal vieux monsieur de 83 ans vit seul dans une résidence, en guerre ouverte avec toutes les voisines et notamment Mme Suarez, la concierge qui règne sur les lieux. Pourquoi il vit seul ? Parce que sa femme, qui vient de mourir, l’a quitté voilà plusieurs années, pour partir vivre avec le facteur. Parce que sa fille est partie, avec son petit-fils, vivre à Singapour, pour être loin. Parce que seul Daisy, sa chienne, semble encore le supporter. Parce qu’il n’a jamais su laisser s’exprimer ses sentiments.

Il faut dire qu’il fait tout pour être exécrable. La voisine coiffeuse, à qui il a exceptionnellement demandé de lui couper les cheveux, l’apprend à ses dépens. Son sport préféré consiste à jouer des tours pendables à Mme Suarez. Mais un jour, Daisy disparait, et son monde s’effondre : il ne voit plus d’intérêt à vivre.

Il faudra une petite fille et sa voisine de 92 ans pour lui ouvrir les yeux, et lui donner, à nouveau, le goût de la vie.

Avis

> L’avis de C

Si j’osais faire une comparaison, je dirai que ce livre est comme un œuf Kinder : on ne sait pas quelle surprise nous réserve le cadeau à l’intérieur ! Eh bien pour Mémé dans les orties, c’est la même chose : en voyant la couverture, un peu kitsch, un peu « pot de confiture de mamie », je m’attendais intuitivement à tomber sur un roman ultra-simpliste…

Mais au final, j’ai aimé cette lutte homérique entre les mémés de la résidence et Ferdinand l’acariâtre. J’apprécie le style simple, l’absence de longues phrases indigestes et l’utilisation du langage familier : après une journée de travail, c’est agréable de ne pas avoir à faire face à un exercice de style alambiqué !

C’est drôle, c’est léger, c’est frais… Ce livre offre une lecture plaisante, il mérite que l’on se plonge dedans : vous verrez, il se lit d’une traite !

S’il fallait un petit bémol : j’ai parfois eu l’impression qu’Aurélie Valognes se retenait, alors que l’on aurait volontiers partagé un bon éclat de rire, plutôt que d’avoir simplement un petit sourire sur les lèvres…

> L’avis de T

Une très jolie fable, qui n’est pas sans rappeler, par certains côtés, l’Elégance du hérisson. On s’attache rapidement à cet infernal Ferdinand qui est – du moment qu’on ne l’a pas comme voisin – tout à fait drôle dans sa méchanceté, dont on sent qu’elle est plus le produit d’une cassure qu’innée.

S’il fallait trouver un défaut à ce livre, ce serait de ne pas démarrer très très vite. Et, peut-être surtout, de ne pas détailler le « point de rupture ». En effet, c’est à la page 80 que les choses commencent à basculer, mais on ne dit rien de ce qui fait basculer Ferdinand. Et c’est la petite Juliette qui semble s’imposer subitement dans sa vie : elle vient d’emménager à l’étage du dessus, avec son père et sa petite soeur, et elle a décidé de ne pas manger à la cantine, mais plutôt de s’inviter chez Ferdinand. Etant dans la fable, soit. Mais on aurait pu donner une profondeur supplémentaire au personnage, me semble-t-il, et, du coup, à l’histoire, en creusant l’idée que, pour que quelqu’un évolue, il faut qu’il l’ait décidé. Au moins qu’il ait décidé d’accepter de changer.

Il est probable que nous avons tous eu l’occasion de croiser de ces personnes qui s’entêtent à rester coincés dans une vie qui ne leur fait pas de bien. Et de ne rien pouvoir y faire, justement parce que la personne concernée n’a pas fait le chemin. Et que nous restions là à regarder, impuissants, parce que ce n’est pas nous qui pouvons les faire changer. Ici, Ferdinand semble changer alors qu’il ne le veut pas, juste sous une pression extérieure. Du coup, le livre reste comme une aimable fable, extrêmement agréable à lire, bien construite, mais il reste juste en deçà de devenir une jolie expérience de vie…

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