Aventures, Heroic fantasy, Historiques

Le bâtard de Kosigan – T.1 L’ombre du pouvoir

« Le héraut fait résonner le signal du début du combat. Les chevaux s’élancent, comme frappés d’un coup de fouet. Leur galop résonne, accompagné des cris des spectateurs. Je me concentre sur mon adversaire qui se rapproche à toute allure. Hors de question que je manque mon coup. Ma précision doit être absolue. »

Fabien Cerutti, L’ombre du pouvoir, Folio, p. 114, 2016.

Motivations initiales

Mon oeil a été attiré, d’abord, par la couverture du tome 1, en collection de poche : ce chevalier en plein tournoi, la couleur rouge qui semble bouger au rythme du destrier… Et puis Fabien Cerutti m’a tellement bien vendu son histoire ! Il ne me restait plus qu’à attendre qu’il rédige sa dédicace et, hop, l’affaire était dans le sac !

Synopsis

1399. La Champagne est en effervescence : la duchesse Catherine de Champagne organise, pour célébrer la mémoire de son mari, un grand tournoi, à l’issue duquel elle annoncera celui qui épousera sa fille et héritera, de ce fait, du duché. Sur les rangs, les représentants des deux grands du temps, le roi de France et le duc de Bourgogne. Mais l’envoyé bourguignon disparait… Le Bâtard de Kosigan, mercenaire à la solde des plus grands, arrive pour participer au tournoi, mais aussi, semble-t-il, pour d’autres affaires plus « discrètes ». Qui tire les fils de l’histoire ? Quels sont les vrais enjeux ? Qui emportera la bataille ?

1899. Mickaël Konnigan, dont on sait rapidement qu’il est un descendant du Bâtard, professeur au King’s College de Londres, mène une vie aventureuse, entre Moscou, Paris, Londres et les sites de fouille où il exerce. Au travers de la correspondance qu’il entretient avec ses amis et collègues, on découvre progressivement que son existence est plus curieuse qu’il n’y parait de prime abord, avec la réception, par un notaire parisien, d’un mystérieux coffre… Comment cette histoire va-t-elle, par-delà le temps, rejoindre celle du Bâtard ?

Avis

> L’avis de T

Moi qui adore les livres où l’histoire et la fantasy se mêlent, comme chez Guy Gavriel Kay – ma référence ultime dans le domaine -, il n’y avait pratiquement aucune chance que j’échappe à ce livre. Mais j’avais juste une inquiétude : n’allais-je pas au-devant d’une déception ?

Eh bien non ! Définitivement non ! J’ai juste adoré ce livre, et j’attends de lire la suite avec impatience. Que dis-je, impatience ? Je suis sur des charbons ardents, j’ai vraiment hâte d’en apprendre davantage sur le Bâtard, sur son descendant, sur leur histoire qui traverse le temps. Mais voilà que je m’emballe…

Or donc, me voilà avec le livre sur le dessus de ma PAL, puisque PAL il y a. Pendant 50 pages, j’avoue, j’ai un peu ramé. Oh, rien de grave, mais la mise en place, alors que l’on ne sait encore rien, que l’on ne connait pas les individus, ce n’est jamais simple, et rares sont tout de même les livres qui vous « happent » dès la première réplique. Et puis tout s’est accéléré, et j’ai dû mettre le même temps à lire les 450 pages suivantes que j’avais mis à lire les 50 premières…

Hâbleur, manipulateur, parfois hautain, séducteur, filou, ne reculant devant rien… que dire du Bâtard, sinon qu’il est le prototype de ces héros que l’on adore adorer : le parfait bad boy ! Pour tout dire, il m’a rappelé une autre de mes références, Silk, l’habile voleur – mais pas uniquement – de la Belgariade, de David Eddings.

Mickael de Konningan, lui, notre héros de la fin du XIXe siècle, s’avère finalement avoir eu une vie sacrément agitée, pour un professeur d’université. Et le mystère n’est, semble-t-il, jamais très loin. Qui l’a confié, bébé, à une institution de charité ? Qui est celui qui semble le suivre de loin ? Pourquoi son ancêtre, le Bâtard de Kosigan, ne figure-t-il nulle part dans l’histoire officielle ? Mais au travers de ses lettres, on sent bien que se met en place, progressivement, un personnage dont la complexité et l’épaisseur pourrait nous réserver quelques bonnes surprises…

Plus largement, l’une des idées que je retiens de ce livre, c’est celle que Guy Gavriel Kay, encore lui, avait abordé d’une toute autre façon dans Tigane : comment l’histoire et la mémoire – et, peut-être, l’histoire officielle, qui n’en serait qu’une part, celle des vainqueurs – se construit-elle ? Et, pour jouer au jeu des relations et filiations, j’y retrouve aussi, toutes proportions gardées, quelque chose de la trilogie de Mike Resnick, L’infernale Comédie, dans laquelle l’auteur interrogeait également la construction de l’histoire – ici, l’histoire de la décolonisation des pays africains anglophones. Ainsi, comment a-t-on pu nous cacher aussi longtemps le fait qu’au Moyen Âge, toutes les races légendaires que la fantasy nous présente comme imaginaires existaient réellement ? Mais qu’un tel questionnement surgisse chez un agrégé d’histoire n’est probablement pas entièrement dû au hasard, remarquez…

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