Historiques, Policiers, Roman

Le poignard et le poison

« Le vicomte Aldric était étendu sur les deux dernières marches du petit escalier de pierre qui se trouvait à la porte Nord. Un serviteur approcha une torche du visage qui apparut boursouflé, marqué de taches verdâtres et jaunâtres. La langue, noire et gonflée, sortait de la bouche entre des lèvres tuméfiées. »

Marc Paillet, Le poignard et le poison, Éditions 10/18, 1995, p. 46.

Motivations initiales

Le hasard… Un beau jour, dans une librairie, vous tombez sur un livre dont la couverture vous fait de l’œil – ici, probablement, un détail d’une tapisserie médiévale -. Vous retournez le livre, et l’histoire vous parait intéressante, qui raconte l’enquête de deux missi dominici de Charlemagne. Et puis, quand tout cela est publié dans la collection Grand détectives de 10/18, dirigée par Jean-Claude Zylberstein, dont vous savez déjà qu’elle propose en général des livres à votre goût… il n’y a plus de raison d’hésiter !

Synopsis

Dans ce premier tome des Enquêtes d’Erwin le Saxon, Charlemagne a mandaté deux de ses missi dominici, le comte Childebrand, affilié aux Nibelung, et l’abbé Erwin, un saxon. Ils doivent se rendre à Autun : l’évêque Martin II se plaint en effet d’avoir été lésé de plusieurs terres par le comte Thiouin.

Childebrand est un Franc pur jus, un combattant, bon vivant, vif et parfois emporté. Au début de l’aventure, il est un peu refroidi par cet abbé saxon, Erwin, visiblement imposé par Alcuin, l’un des plus proches conseillers de Charlemagne. Mais il découvre rapidement que celui-ci, malgré son apparence fluette, est tout à fait capable de se défendre, et, surtout, que sa finesse d’esprit et ses capacités intellectuelles en font à la fois un ennemi redoutable et un allié remarquable.

En route pour Autun, ils apprennent la disparition d’une femme. Puis, durant le banquet d’accueil organisé par le comte Thiouin, le vicomte Aldric, après avoir tenu des propos scandaleux, est empoisonné.

Qui est le coupable ? De quoi cet événement dramatique est-il la partie émergée ? Alors que chacun cherche à affirmer ses positions, Childebrand et Erwin vont devoir démêler une intrigue embrouillée…

Avis

> L’avis de T

J’avais lu ce livre il y a longtemps. Et j’ai ensuite dévoré tout le reste de la série, huit enquêtes en tout, et autant d’occasions de retrouver le comte Childebrand et l’abbé Erwin. Une série probablement interrompue par la mort de l’auteur, Marc Paillet, journaliste et historien de formation né en 1918 et mort le 29 décembre 2000. Je n’ai jamais eu l’occasion, ni pris le temps, de découvrir l’un ou l’autre des treize autres livres qu’il a écrit, romans ou essais sur la profession journalistique… mais il n’est pas exclu que je le fasse un jour !

Les personnages de cette série sont attachants, et, surtout, ils nous en apprennent beaucoup sur cette époque qui reste malgré tout extrêmement mystérieuse. Car, après tout, rares sont ceux qui peuvent véritablement dire grand chose sur Charlemagne, la façon dont il a géré son empire, sur la façon dont, alors que lui même ne sait ni lire ni écrire, il accorde à Alcuin, un fin lettré, une place de choix dans son administration…

En lisant cette série, j’ai eu envie d’en savoir davantage sur cet empereur dont, jusque là, je ne savais rien ou presque, sinon qu’il avait été couronné en l’an 800, que son neveu Roland – dont je devais découvrir, bien plus tard, qu’il n’était pas son neveu – avait été tué à Roncevaux par les sarrasins – qui n’étaient en réalité pas des sarrasins -. Ah, pardon, j’oubliais ! J’avais eu l’occasion de fantasmer sur sa couronne en lisant Georges Chaulet ! Vous ne voyez pas ? Mais si, Fantômette contre Charlemagne…

Bref, de Fantômette à Charlemagne, j’ai fini par lire la biographie de l’empereur publiée, chez Fayard, par Jean Favier, une somme de 715 pages. Et, depuis, je suis un inconditionnel de cet homme qui a su dépasser les habitudes de l’époque. Mais ce n’est pas le sujet…

Marc Paillet, donc, nous propose une énigme riche, bien menée, agréable à lire. Les personnages centraux, le comte Childebrand et l’abbé Erwin, conjuguent réflexion et impulsivité. Ce dernier porte la voie d’Alcuin, qui a su faire comprendre, alors que l’époque n’était pas à ce genre de finesse, que les aveux obtenus par la torture n’avaient pas de valeur, alors que l’on était friand, alors, de jugements de Dieu qui, s’ils brillaient par leur côté imaginatif, demeuraient totalement aléatoires…

Vous aimez les énigmes ? Vous appréciez les voyages dans le temps et l’histoire ? Alors prenez le temps de lire Le poignard et le poison ! J’espère que vous ne serez pas déçus !

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3 réflexions au sujet de “Le poignard et le poison”

  1. Tout ce que j’aime ! Je note le titre et l’auteur… J’espère me régaler autant que toi mais vu que la réponse est un grand OUI à chacune des questions que tu poses en « conclusion »… Je me dis qu’il y a des chances 🙂 Merci !

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