Historiques, Prix littéraires, Roman

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants

«Il faisait beau, Ysabel et Fernando, vos rudes souverains catholiques, ont dormi dans l’Alhambra ; Fernando a ôté son armure pour monter sa royale femelle, dans la plus belle chambre du palais, après avoir fait donner une messe victorieuse où tous ses chevaliers entrés dans la citadelle pour se battre, priaient avec ferveur. Trois mois après, alors que nous avions vu les nobles Espagnols s’installer dans la médina, on nous chassa. Le départ, la conversion, ou la mort. Nous respections les chrétiens. Il y avait des pactes, des accords. Disparus en une nuit.»

Mathias Enard, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, Babel, 2013, p. 31.

Motivations initiales

Un cadeau de Noël qui ne quitte plus ma bibliothèque et que je relis souvent ! On vient de se rendre compte que nous ne vous avions pas encore présenté ce livre ! Ô diantre, il est grand temps d’y remédier…

Synopsis

Ce livre nous plonge dans l’atmosphère de Constantinople, récemment conquise par les Ottomans. Le Sultan, désireux d’embellir sa capitale, fait donc appel au plus grand génie de son temps, le grand Michel Ange, afin de bâtir un magnifique pont. Pour tous les amoureux de la Renaissance et de l’art en général, ce livre est idéal. Nous sommes plongés dans une atmosphère métissée, qui mêle Orient et Occident, Islam et Christianisme. On découvre un Michel Ange austère, entièrement consacré à son art, suscitant autant l’admiration de certains que le mépris des puissants. Nous découvrons également l’ambiguïté de l’orientation sexuelle du grand artiste qui semble aimer autant les hommes que les femmes, et qui est aimé secrètement par Mesihi, un albanais converti de force qui suit le Maestro partout.

Avis

> L’avis de C

Ce livre est sans nul doute l’un de mes livres préférés, l’un de ceux que j’ouvre lorsque j’ai besoin de m’évader, besoin d’oublier ou besoin de faire une pause. Absolument tout est réuni dans cet ouvrage pour qu’il soit un diamant brut…

Fidèle globalement à la réalité historique, ce livre quoique un soupçon romancé présente un visage de Michel Ange qui est peu connu voir totalement méconnu par la plupart des néophytes, celle d’un homme qui n’a pas seulement vécu en Italie mais qui a un goût pour le voyage, l’exotisme et la découverte de l’autre. Tout comme son contemporain Léonard de Vinci, Michel Ange à côtoyé les grands de ce monde, ce qui lui a permis d’étoffer sa culture et d’affiner ses connaissances sur « l’autre ».

Personnellement, j’ai l’impression que Mathias Enard nous embarque dans une sorte de conte avec ce roman, il nous plonge totalement dans la nébuleuse que Constantinople pouvait être en 1506. Ses personnages sont tellement proches que l’on dirait que l’auteur les a connus, fréquentés…

Mais ce que j’aime le plus, c’est la construction de ce roman. Sa forme épistolaire immerge le lecteur dans l’histoire comme s’il était le destinataire des lettres de Michel Ange. On a l’impression d’y être, c’est époustouflant !

Je ne peux que vous conseiller ce livre très court mais qui vous ouvre une porte sur l’histoire du monde byzantin, sur l’art et l’architecture du XVIe siècle.

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