Biographies & autobiographies, Drame

Rien n’est noir

Chronique de Rien n’est noir, de Claire Berest.

« Après Frida s’habille. M’apprêter de parures pour m’offrir au premier qui voudra de moi, comme l’écrit Whitman. C’est long, sophistiqué et réconfortant. Choisir une tenue dans la multitude de jupons, châles, corsages : préparer sa palette. Hésiter, combiner, défroisser, trouver l’accord. »

Claire Berest, Rien n’est noir, Éditions Stock, 2019, p. 74.

Motivations initiales

Un roman qui fait fureur depuis sa sortie… Vous commencez à me connaître et vous vous doutez bien qu’il me tentait et qu’il était au chaud dans ma PAL… Le hasard a bien fait les choses puisqu’il figure également dans la sélection du Grand Prix des Lectrices Elle.

Synopsis

À 18 ans, Frida Kahlo est la victime d’un terrible accident, à l’occasion d’une collision entre un bus et un tramway. Son corps est traversé, de l’abdomen à la cavité pelvienne, par une barre de fer, ses côtes, ses vertèbres et son bassin sont brisés, sa jambe et son pied sont fracturés, son épaule est démise, mais elle est vivante ! Vivante certes, mais clouée sur un lit pendant de nombreux mois suite à cet accident… Elle se met à haïr tous ceux qui l’entourent, et en particulier ses sœurs et sa mère, car ils ne savent pas à quel point elle souffre. Alors pour contrer la souffrance, elle commence à peindre et à utiliser son propre reflet comme modèle.

Remise sur pieds, celle que l’on surnomme désormais Frida « jambe de bois » n’a peur de rien… Elle veut se sentir vivante et n’hésite pas à aguicher les hommes ou à s’alcooliser à outrance… Mais parmi les hommes autour d’elle, elle n’en voit qu’un, elle n’en désire qu’un, le grand peintre mexicain Diego Rivera.

Commence entre les deux personnages une longue et belle histoire d’amour sur un mode « je t’aime moi non plus ». Frida ne vit que pour Diego, Frida ne voit que Diego, Frida peint en attendant Diego, Frida souffre pour Diego…

Ce roman retrace la vie tumultueuse de Frida Kahlo, sa naissance en tant qu’artiste reconnue, sa relation particulière avec les hommes, ses rêves, ses désirs et ses envies !

Avis

> L’avis de C

Cette femme fait partie de celles qui m’impressionnent, dont la vie et l’œuvre me touchent profondément, alors j’avais peur en ouvrant ce roman… Pourquoi ? Parce que j’avais l’impression que l’on avait forcément déjà tout dit, tout écrit sur Frida Kahlo, cette petite mexicaine au mono-sourcil et aux yeux flamboyant. Et pourtant ! Pourtant, Claire Berest nous offre ici un roman rempli d’émotions qu’on ne peut lâcher.

L’auteur cale littéralement son écriture sur la vie de Frida. C’est-à-dire que Claire Berest nous offre des pages pleines d’amour et d’humour, avec une écriture douce, presque langoureuse lorsque Frida est heureuse aux côtés de Diego mais, en revanche, cela devient très froid, quasi chirurgical, lorsque Frida est en colère, en souffrance ou lorsqu’elle et Diego se déchirent… C’est extrêmement bien fait ! J’ai particulièrement aimé le titre de chaque chapitre qui fait référence à une nuance de bleu, de rouge ou de jaune, là on est en total immersion dans le monde des peintres !

Ce roman rend littéralement le lecteur addict. Impossible de lâcher la lecture, je voulais toujours savoir ce que me réservait la page suivante, savoir si Frida et Diego allaient rompre, savoir si son corps allait la laisser souffler ou bien lui imposer encore de terribles douleurs… On est captivé par ce livre qui retrace la vie si particulière d’une femme/d’une artiste peu commune. L’auteur met en lumière de façon magistrale la soif de liberté de Frida, son besoin permanent d’amour et, surtout, son incapacité à tenir sa langue : quand Frida veut dire quelque chose, elle le dit, peu importe qui est en face d’elle.

Je trouve que Claire Berest construit son roman un peu comme Frida construit ses œuvres, elles se laissent toutes deux guider par les couleurs, leurs envies et le message qu’elles ont envie de délivrer.

Une histoire noire mais un roman pur qu’il faut lire absolument, que l’on aime ou non Frida Kahlo, et de préférence avec, dans les oreilles, l’indémodable chanson de Gainsbourg, Je t’aime… moi non plus qui colle si parfaitement à l’histoire du couple Rivera.

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