Drame, Roman

Mon père

Chronique de Mon père, de Grégoire Delacourt.

« À la fin de sa vie, l’abbé Pierre confessait que la plénitude de Dieu n’avait pas toujours comblé sa solitude terrestre, que parfois la chaleur, les bras et la volupté de l’autre lui avaient manqué. Cela en a-t-il pour autant fait un prédateur ? Cela a-t-il fait triompher l’ennemi en lui-même ? Autoriser le mariage des prêtres permettrait à bon nombre d’entre eux de profiter de l’indispensable adoration de l’autre, sans le sordide de la dissimulation, mais priverait alors l’Église du grisbi des successions – les prêtres mariés ayant alors leurs propres héritiers. »

Grégoire Delacourt, Mon père, Le Livre de Poche, 2020, p. 118.

Motivations initiales

J’aime beaucoup Grégoire Delacourt, à chaque fois que je lis un de ces romans, j’en ressors dans le même état qu’un boxeur après un combat ! Cet auteur a la faculté de nous chambouler, de nous donner une leçon d’humilité et surtout donner des uppercuts à ses lecteurs. Merci William ! Merci le Livre de Poche !

Synopsis

Il parait que l’Église est un refuge, une aide, une porte de salut, un lieu d’apaisement pour certain(e)s. Mais comment expliquer que quelques-uns des disciples de Dieu s’octroient le droit de bafouer le corps d’un enfant ? Comment expliquer que l’Église passe sous silence certains actes et n’hésite pas à simplement déplacer les prêtres ayant commis ces atrocités dans un autre lieu ?

Ces questions sont celles que se posent Édouard, un père de famille qui n’a pas su protéger son enfant de la cruauté du monde et qui n’a pas compris le silence et le mal-être de celui-ci. Une innocence perdue, des actes ineffaçables, un sentiment de culpabilité voilà ce qui tourmente Benjamin, un jeune garçon de onze ans…

Édouard veut tout savoir, tout connaitre des actes immondes qu’a commis le prêtre sur son fils. Mais il a surtout besoin que le sang coule pour se reconstruire et pour venger son fils.

Pardonner ? Jamais ! Se faire justice soi-même ? La seule issue pour que ce prêtre ne recommence plus…

Avis

> L’avis de C

Quel uppercut ! Je n’ai pas pu lâcher ce livre de la première à la dernière page… C’est poignant, violent mais nécessaire…

Poignant car pendant deux cents pages, on partage la douleur du père de famille. Édouard est déboussolé par les actes qu’a subi son fils alors qu’il pensait que l’église était un refuge… On partage avec lui sa détresse mais je pense que ce qui le ronge c’est la culpabilité, il se sent coupable, coupable de ne pas avoir su protéger son fils, coupable de l’avoir exposé aux yeux d’un prédateur sexuel.

Violent car la plume de Grégoire Delacourt est chirurgicale, glaçante, percutante quand il nous raconte en détail les abus dont a été victime le petit Benjamin. Ce livre montre encore une fois qu’il est facile d’abuser de la confiance d’un enfant mal dans sa peau et également de la naïveté d’un si petit être…

Nécessaire car nous ne sommes personne pour prendre l’ascendant sur autrui et pour se permettre de détruire une vie… Et qu’il est grand temps que certaines personnes enlèvent leurs œillères ! Tout le monde est soumis à la justice et personne ne peut être couvert pour avoir volé l’innocence ou la vie d’un enfant.

Inutile de vous dire que ce livre m’a retourné les tripes. J’ai fini K.O et il va me falloir un peu de temps pour m’en remettre. C’est dur mais c’est fait avec tellement de finesse qu’on arrive très rapidement à la dernière page. Encore une fois, c’est un carton plein !

Je pense que la colère qui survient après cette lecture s’explique aussi par le fait qu’aucun de nous ne peut jamais savoir s’il est à la hauteur, s’il parvient réellement à protéger les siens, dans un monde dont nous avons voulu oublier la violence…

Il m’a fallu deux petites heures pour lire ce livre et prendre une belle claque, une belle leçon de vie mais également d’amour. Si ce n’est pas encore fait, courrez vous offrir ce petit ouvrage et lisez-le sans attendre !

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