Drame, Psychologique, Roman

Château charbon

Chronique de Château charbon, de Yasha Breen.

« Disséminés çà et là, de grands lampadaires drapaient l’ambiance d’une teinte lugubre, un chouïa orangée, et assombrissaient la Nationale 3 durant la nuit. Pour être aussi sordides aujourd’hui, ces lampadaires avaient probablement été de splendides toucans chantant sous des cieux ensoleillés, des centaines d’années auparavant. C’est ce que nous nous disions au Château. »

Yasha Breen, Château charbon, Slatkine & Cie, 2020, p. 43.

Motivations initiales

Premier roman de Yasha Breen, Château charbon nous a été proposé par nos contacts de chez Slatkine & Cie. L’occasion de découvrir un nouvel auteur, cela ne se refuse pas ! Merci !

Synopsis

Marceau est un type bizarre. Autiste. Longtemps, il a vécu à Malte, où son père travaillait. Puis la famille est revenue habiter à Paris. D’abord, le père a continué à travailler à La Valette, et revenait de loin en loin. Et puis il est mort. Sa mère a déjà bien du mal à s’occuper d’elle-même. Alain, son grand frère, est mort.

Alors Marceau accompagne des inconnu(e)s. Il se promène dans la rue, et, quand quelqu’un retient son attention, il se met à le suivre. De loin. Discrètement, en général. Il découvre leur vie, leurs secrets. Et, parfois, il essaye de leur parler. C’est ainsi qu’il est devenu l’ami d’Anne-Marie, une femme qu’a fréquenté son père quand il venait à Paris. Mais tous n’acceptent pas aussi facilement ce qu’ils voient comme une intrusion. Marceau se sent alors agressé.

En ce moment, il suit Louise. Louise a un frère, Ruben, qui vit en co-location avec Schwartz, un type qui vit de divers trafics, avec un objectif : partir au Cambodge, acheter pour le louer un appartement, et monter là-bas un club de plongée.

Avis

Avec ce genre de livre, avec ce genre d’histoire, c’est tout ou rien. Et, là, autant le dire tout de suite, il ne s’est pas passé ce qui était attendu…

Marceau m’a paru à la fois perdu et totalement déconnecté. Franchement, j’admire Anne-Marie, qui lui ouvre sa porte, je n’oserai pas affirmer que j’aurais fait pareil. Rien de rassurant chez ce type, visiblement sérieusement abîmé par la mort de son frère et la désagrégation familiale.

Ruben et Schwartz ne donnent pas l’impression d’être beaucoup plus équilibrés. Le premier, même quand il ne fume pas, ne semble pas être réveillé, réveillé. Avec Schwartz, ils s’introduisent dans des lieux abandonnés, ils font du vélo dans Paris. Et puis il est rongé par une culpabilité que l’on comprend… en partie.

Schwartz, lui, vole, deale, avec un rêve en tête : le Cambodge, pour rejoindre d’autres compagnons de fortune… à qui on n’aurait pas envie de confier grand chose, et en tout cas ni argent, ni objet de valeur, de peur qu’ils ne disparaissent avec.

Il n’y a guère que les personnages féminins qui ont l’air équilibrés et normaux, dans ce livre. Anne-Marie, qui a aimé le père de Marceau, qui a espéré qu’il quitte sa femme, mais qui l’a vu s’éloigner petit à petit. Et qui semble avoir reporté, sans savoir elle-même pourquoi, une partie de cet amour sur Marceau, parce qu’il lui ressemble, et parce qu’il l’émeut.

Et puis Louise. Mais, finalement, on ne sait pas grand-chose de Louise. Elle traverse cette histoire en en portant une partie du poids, mais sans que l’on sache réellement d’où elle arrive ni où elle va. Elle est le point fixe de Ruben. Comme si elle s’oubliait dans ce rôle, ingrat s’il en est.

Et puis il y a une écriture. Qui parfois nous emporte, avec une fulgurance ici, un éclair là, et qui parfois nous laisse sur le bord du chemin. Dans la citation en haut de cette chronique, je n’ai pas su déterminer si les lampadaires sont des toucans réincarnés. Je ne comprends pas l’image. Et ce livre m’a fait globalement cet effet là : j’ai vu défiler des images sans les comprendre, sans qu’elles m’emportent. Pour ceux qui entreront dans cette histoire, ils auront sans doute l’impression d’un voyage onirique dans un Paris mystérieux. Moi, j’ai vu défiler chaque rouage, chaque boulon, parce que je n’avais pas autre chose à quoi me raccrocher. Quand on reste sur le bord du chemin, quand on ne parvient pas à décoller avec l’auteur, quand on passe à côté, il n’y a qu’une chose à dire : ce livre n’est pas pour moi.

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