Biographies & autobiographies

Simone, éternelle rebelle

« … L’adolescente qui aimait lire, la jeune déportée qui n’a cessé de lutter, l’épouse, la mère, la grand-mère, l’amie, la ministre, la présidente du Parlement européen, la discrète, la combattante, la passionnée, l’éternelle rebelle, est accueillie sous la Coupole. Comme le dira Paul, le jeune garçon connu en déportation qui est depuis devenu son ami « celle qui était condamnée à mourir et donc fatalement mortelle, est devenue Immortelle ». »

Sarah Briand, Simone, éternelle rebelle, Éditions Points, 2017, p. 167.

Motivations initiales

L’annonce du décès de Simone Veil a amené à une vague de publications la concernant. Pour moi, c’était un devoir d’apprendre à connaître encore mieux cette grand femme…

Synopsis

Cette biographie, que l’on doit à Sarah Briand, journaliste à France 2, met en lumière la vie de Simone Jacob. Sa jeunesse est marquée par la Seconde Guerre mondiale, qui débute alors qu’elle a douze ans et par l’acharnement des Nazis contre les Juifs, qui lui vaut d’être déportée alors qu’elle a 16 ans. Sa famille est éclatée et décimée par la déportation. À Auschwitz, elle fait preuve d’une rage de vivre et résiste avec obstination face à ses bourreaux… La force de caractère dot elle fait preuve alors ne la quittera jamais.

Revenue en France, elle mène de brillantes études, en droit et en sciences politiques, puis gravit les échelons, entourée par son mari et ses enfants… Sa carrière l’amènera de la Magistrature à l’Académie française, en passant par le ministère de la santé, occasion de faire voter la loi qui porte son nom.

Simone Veil est une femme fascinante, une femme qui suscite le respect. Celle qui n’a reculé devant aucun obstacle est une figure emblématique du XX-XXIe siècles, qui marquera les mémoires pour longtemps…

Avis

> L’avis de C

Cette courte biographie nous présente la vie de Simone Veil, qui ressemble, par de nombreux côtés, aux montagnes russes : elle a du affronter le pire, et a su s’élever jusqu’aux plus hautes fonctions de l’état. Et cette lecture provoque la même sensation chez nous, lecteurs, puisque nous passons de l’admiration à la rage, des larmes au sourire, de la mort à la vie…

Même lorsque l’on connaît quelques détails sur la jeunesse de Simone Veil, et notamment le fait qu’elle a survécu à la déportation, ce livre nous fait plonger dans l’horreur des camps de la mort, face à la monstruosité des bourreaux. On se demande comment cette adolescente a pu trouver la force de lutter, de résister et de vivre…

Ce que j’aime beaucoup chez cette grande dame, c’est qu’elle ne veut pas que l’on s’apitoie sur son sort de déporté, ni sur la malédiction qui rôde autour de sa famille, alors qu’elle n’a pas été épargnée par le deuil.

Son ascension dans les plus hautes sphères politiques, elle la doit à son travail et à son perfectionnisme… Jamais elle ne s’est servie de son passé pour avancer, elle a toujours répondu de façon calme à ses détracteurs – rappelons quand même qu’un ministre d’extrême droite dira au sujet de sa déportation que les nazis « n’ont pas réussi à avoir la mère Veil… ».

Au fil des pages, on retourne avec Simone et les siens à Auschwitz, et l’on imagine à quel point cela a dû être une épreuve pour elle, mais aussi une absolue nécessité pour partager l’incommunicable ; dans son discours d’accueil à l’Académie française, prononcé par l’inénarrable Jean d’Ormesson, on puise de nouvelles raisons de préserver la mémoire, mais aussi un rappel que l’amour doit toujours triompher ; mais on sourit aussi, en imaginant cette femme pleine d’amour et très complice avec son mari, mais faisant parfois s’abattre sur lui toutes les foudres du monde !

C’est court, c’est bien écrit, ça se lit très rapidement, et je pense qu’on devrait tous lire ce petit récit pour ne jamais oublier les avancées que l’on doit à Simone Veil. Merci madame Veil, merci pour cette leçon de vie et de courage.

> L’avis de T

De Simone Veil, on connaît effectivement la loi, un petit peu le passé de déportée et l’engagement européen, et son entrée à l’Académie. Mais, et c’est déjà l’un des intérêts de cette biographie, cette lecture nous rappelle à quel point nous sommes dépendants de la presse et de la façon dont les médias nous « racontent » l’histoire. En effet, sauf à être spécialiste du domaine, nous n’avons comme éclairage que ce qui est médiatisé. Ainsi, de tous les événements relatés ici, j’en ai découvert une série qui étaient passés sous le radar de la presse.

L’écriture, simple, sobre, évite le piège d’en rajouter sur les moments les plus émouvants. On découvre – en tout cas, ce n’est pas quelque chose que je connaissais – l’effacement progressif du mari de Simone Veil, qui choisit de mettre de côté sa carrière au profit de celle de son épouse.

On redécouvre également la mesquinerie – voire l’abjection – de certains de nos hommes politiques. De certains, on n’est pas surpris ; mais l’attitude de son camp durant le vote de la loi sur l’avortement, ou le paternalisme machiste semblent tellement datés – et en même affreusement quotidiens… – !

Bref, cette biographie fait partie de ces lectures utiles à la mémoire dont il serait dommage de se priver. Elle pourrait être un excellent support, au lycée, pour aborder l’histoire européenne du XXe siècle.

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