Policiers, Roman, Thrillers

Le dragon du Muveran

« Sur la table de communion, un cadavre était allongé, nu. Les bras étendus étaient perpendiculaires au corps. Les jambes, attachées ensemble à l’aide d’une corde. C’était l’image du Christ crucifié. Un homme. La cinquantaine probablement. Un énorme couteau était planté dans son cœur. »

Marc Voltenauer, Le dragon du Muveran, Pocket (Slatkine & Cie), 2016, p. 31.

Motivations initiales

Ce livre m’avait fait plusieur fois de l’œil, dans ma librairie fétiche. Et puis j’ai vu passer quelques critiques, que je n’ai pas lues – je n’aime pas lire les critiques des livres que je sais déjà que je vais lire : pourquoi me priver du plaisir de découvrir par moi-même ? Alors il a fini dans ma PAL, puis sur le dessus de ma PAL, puis dans la très-short-list…

Synopsis

Andreas Auer, 39 ans, inspecteur de police à Lausanne. Depuis quelques mois, il habite avec son compagnon, Mickaël, dans un petit village des Alpes vaudoises, Gryon. Un village calme… jusqu’à ce dimanche 9 septembre 2012, quand la pasteure découvre le cadavre d’un homme dans le temple. Ses yeux ont été enlevés, et l’autopsie permet de découvrir que l’opération a été pratiquée de son vivant, alors qu’il était sous l’effet du curare.

Andreas et son équipière, Karine, se retrouvent chargés de l’affaire. Qui semble rapidement devoir trouver ses racines dans le passé. Le meurtrier a laissé plusieurs messages, tirés de la Bible.

Mais la série n’est pas terminée : une deuxième victime, puis une troisième viennent encore compliquer l’affaire. Et le procureur, avec qui Andreas n’etretient déjà pas d’excellentes relations, n’améliore pas les choses…

Andreas et Karine, aidés par Mickaël, parviendront-ils à dénouer la pelote ? Et à quelles découvertes cela les amènera-t-ils ?

Avis

> L’avis de T

Voilà un thriller comme je les aime. Qui vous happe dès les premières pages, et qui ne vous lâche pas jusqu’aux toutes dernières. 600 pages, mais qui se dévorent avec un grand plaisir.

L’histoire semble assez simple, et, nous, lecteurs, disposons dès les premières pages d’éléments qui nous aident à suivre l’enquête, avec quelques chapitres dont le narrateur est le meurtrier, et d’autres qui se déroulent dans le passé. Mais l’équilibre est parfait : on n’est pas en avance par rapport aux enquêteurs, on les accompagne juste comme il faut. Et même si on découvre finalement l’identité du meurtrier en page 500, on ne s’ennuie pas pour autant dans les 100 dernières pages, car il y a encore des rebondissements à découvrir.

Bref, l’équilibre est quasi-parfait.

En plus, on s’attache au personnages. À celui d’Andreas, d’abord, ce policier hédoniste, amateur de bons vins et de cigares, un peu rebelle, mais pénétré de l’importance de sa mission.

Karine, même si elle est un peu en retrait, nous livre petit à petit suffisamment de matière pour que l’on puisse avoir de l’empathie pour elle. Elle à juste assez de présence pour ne pas être juste un faire valoir.

Mikaël, originaire de Gryon, cuisinier émérite et dont la culture, notamment religieuse va aider les autres protagonistes, est également un de ces personnages qui, s’ils sont en retrait – Andreas est clairement le héros affiché -, ne sont pas abandonnés dans l’ombre.

Autrement dit, j’ai totalement adhéré à l’histoire, à la façon dont elle est menée, aux personnages, aux à-coups du scénario. Je ne vais donc pas avoir le choix, il va falloir que Qui a tué Heidi ?, deuxième aventure d’Andreas Auer, rejoigne prochainement ma PAL… Merci, Monsieur Voltenauer !

Pour conclure, je veux rajouter un point. Cela n’a pas forcément d’importance pour tout le monde, mais, moi, j’apprécie de retrouver chez un personnage un peu de son auteur. Et, là, il semble qu’Andreas et Mikaël soient un peu de Marc Voltenauer, puisque celui-ci, comme Mikaël, a fait des études de théologie, avant de s’orienter vers les ressources humaines – en ce qui concerne l’auteur – ou le journalisme – pour le personnage. Certaines des thématiques, valeurs, interrogations existentielles, façons de réagir dans la vie de ces personnages donnent donc l’impression d’être, en partie, celle de l’auteur. Et c’est quelque chose que j’apprécie.

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8 réflexions au sujet de “Le dragon du Muveran”

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