Drame, Roman

Quatre lettres d’amour

« … il l’expliqua plus tard aux lévriers quand il fut allongé près d’eux sur la couverture de leur cabane et qu’il prit conscience, non sans surprise, du mystère révoltant de son propre cœur : d’une certaine façon, dès qu’Isabel s’était éprise de lui, il s’était dépris d’elle. »

Niall Williams, Quatre lettres d’amour, Éditions Points, 2019, p. 196.

Motivations initialesBannière fb PMR 2018

Ayant la chance de faire partie du jury du Prix 2019 du meilleur roman des lecteurs de POINTS, nous avons reçu tous les livres de la sélection, dont celui-ci.

Onzième lecture, onzième chronique.

Synopsis

En Irlande, deux histoires cheminent en parallèle.

D’un côté, Nicholas, dont le père, comptable, est un jour saisi d’une illumination : Dieu l’appelle à peindre ! Il abandonne son métier, la stabilité de sa vie ; il sacrifie, au passage, toute sa famille, qui se retrouve plongée dans la misère et soumise aux « lubies » de ce peintre de père, qui disparait parfois des semaines entières. Mais de tout cela ne reste qu’un seul tableau, acheté par un ami pour récompenser le lauréat d’un concours. Une toile à la recherche de laquelle Nicholas va finalement partir.

De l’autre côté, sur une île au large de Galway, vit la famille d’Isabel. Son père est l’instituteur du lieu ; son petit frère, paralysé, ne parle plus depuis des années. Isabel part à Galway pour poursuivre ses études, et rencontre Peader, fils de commerçants, qu’elle finit par épouser, autant par rébellion que par véritable amour. Un jour, la mère d’Isabel inscrit son mari à un concours d’écriture : c’est lui qui l’emporte, et reçoit comme prix la toile du père de Nicholas.

Et tout cela pour quoi ? Peut-être pour que Nicholas et Isabel se rencontrent…

Avis

> L’avis de T

Une ballade irlandaise. Voilà ce qu’est ce livre. Une ballade triste, mélancolique, dans laquelle les individus n’ont pas véritablement de choix, marionnettes de Dieu, du hasard ou des événements, selon les croyances de chacun.

Mais, justement, la première histoire, celle de Nicholas et de ce père appelé à la peinture par une illumination, m’a parue bien ésotérique. J’aurais voulu accrocher, mais c’était trop pour moi. Trop glaçant, trop irréel, trop irréaliste, aussi. Bref, trop. Heureusement, le seul dont je sois parvenu à partager à peu près le cheminement, c’est Nicholas : lui qui n’a rien choisi, qui a essentiellement subi, a finalement besoin de retrouver cette toile pour que tout cela n’ait pas été consenti en vain. Pour que cette faillite absolue qui a détruit sa famille ait un sens.

Quant à l’autre histoire, celle d’Isabel, elle m’est, pour le coup, bien plus familière. Cette idée que, dans les relations amoureuses, il y a souvent un mouvement de balancier, selon l’adage « Suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis » me parle. L’idée, également, que chacun arrive avec ses fêlures, ses secrets plus ou moins digérés, ses motivations souvent peu accessibles – Peader, ici, a davantage besoin de s’échapper de l’emprise de sa mère que l’envie de s’engager dans le mariage ; Isabel, elle aussi, cherche essentiellement à sortir de sa propre histoire familiale. Bref, ce besoin de prendre le contrôle de leurs vies respectives est probablement ce qui rapproche ces deux êtres, mais est-ce véritablement de l’amour ?

Et puis Nicholas et Isabel se rencontrent. Et c’est alors tout le poids de la société qui s’oppose à l’évidence de leur amour – qui, cette fois, en est véritablement un. Mais cela suffira-t-il ? Je préfère ne pas spoiler…

Il y a de belles fulgurances, dans ce livre. Des passages d’une grande beauté et d’une grande profondeur. Mais cela ne m’a pas suffi…

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