Policiers

Le crime de l’Orient-Express

Chronique de Le crime de l’Orient-Express, de Agatha Christie.

« […] il semblerait que l’on pût affirmer que le crime a été commis à 1h15. La montre du mort arrêtée à cette heure-là et le témoignage de Mrs. Hubbard le prouvent. Je parierais que le meurtrier est ce grand Italien qui vient d’Amérique… de Chicago. Souvenez-vous que l’Italien se sert de préférence d’un couteau et ne se contente pas de frapper une seule fois. »

Agatha Christie, Le crime de l’Orient-Express, Le Livre de Poche, 2019, p. 91.

Motivations initiales

Dans le cadre du challenge #JelisAgathaChristie auquel Le Livre de Poche nous a proposé de participer, voici le troisième livre de la série… Et quel livre : peut-être le roman policier d’Agatha Christie le plus connu, avec Dix petits nègres, et qui a fait l’objet de nombreuses adaptations audiovisielles, dont deux longs métrages, par Sydney Lumet et Kenneth Branagh ! Ce roman est également devenu un sujet d’études, comme le montre, parmi bien d’autres travaux universitaires consacrés au roman, le mémoire de master de Marc Thomassey en 2017 à l’ENSSIB, consacré justement à l’analyse des Adaptations audiovisuelles du Crime de l’Orient-Express d’Agatha Christie.

Synopsis

Hercule Poirot quitte Alep – il semble y avoir résolu une énigme – pour Stamboul, qu’il entend bien visiter. Mais à peine y est-il arrivé qu’un câble lui parvient, l’appelant à rentrer aussi rapidement que possible à Londres. Le voilà donc contraint de s’embarquer sur l’Orient-Express aussi rapidement que possible. Pourtant, à la surprise générale, il n’y a pas de place !

Heureusement, Hercule Poirot croise au restaurant Monsieur Bouc, l’un des directeurs de la Compagnie internationale des Wagons-Lits, une connaissance de plusieurs années. Celui-ci fait finalement en sorte qu’il puisse embarquer en sa compagnie.

Et c’est ainsi que le détective belge se trouve dans le train lorsque Ratchett, qui avait proposé à Poirot de prendre en charge sa protection, est assassiné… Mais qui peut bien être le coupable ?

Avis

> L’avis de C

On comprend assez facilement l’immense succès de ce roman d’Agatha Christie. Rien que sur le décor, on est servi : en matière de décors, on à de quoi s’amuser, entre le début à Alep, en Syrie, Constantinople, puis l’Orient-Express, qui, en lui-même, est un décor de rêve. Bref, avant même de commencer la première ligne du livre, on est déjà au milieu des années folles !

Fidèle à son habitude, exacerbée encore par son décor – le train -, Agatha Christie nous mitonne un de ces huis-clos dont elle a le secret. La démarche est très classique : la mise en place de la situation se clôture avec le meurtre de Ratchett. Dans la deuxième phase, Hercule Poirot mène les interrogatoires des treize personnages du huis-clos. Enfin, dans la troisième et dernière partie, il réunit tout le monde pour révéler aux spectateurs ébahis – dont les lecteurs – la solution de l’énigme que lui seul a été capable de démêler.

Classique, donc, et plutôt brillant, comme d’habitude.

Ce qui est un peu troublant, pour nous qui sommes habitués à lire des policiers et des thrillers modernes, c’est que, dans le principe même de l’énigme, Agatha Christie ne se sent pas obligée de donner à ses lecteurs tous les éléments. Certains, ils doivent les deviner – ou pas -, et compter sur leur culture générale… ce qui donne parfois des choses qui semblent un peu sortir de nulle part. Je ne suis en effet pas certain que beaucoup de francophones connaissent la boutique Debenham & Freebody, Wigmore Street, à Londres … qui n’existe plus (le groupe Debenhams existe encore, possède encore 182 boutiques dans le monde, mais plus celle-ci).

Originalité, en revanche, pour ce roman, Agatha Christie s’est inspirée de deux faits divers réels. L’enlèvement de la petite Daisy Armstrong, qui constitue la toile de fond du roman, est directement dérivée de l’affaire de l’enlèvement du fils de Charles Lindbergh, survenu en 1932, soit deux ans avant la publication du livre, qui ne trouvera son épilogue tragique que deux ans après celle-ci. Il faut donc bien se mettre en tête que, lorsque le roman parait, la véritable affaire n’est pas résolue, l’incertitude est encore totale. Deuxième fait dont s’est inspirée Agatha Christie : en janvier 1929, un convoi du Simplon-Orient-Express s’est bien retrouvé bloqué 6 jours par la neige en Turquie.

Il est aussi amusant – et ce ne peut être un hasard – de voir qu’Hercule Poirot doit en permanence se battre contre les a priori de tous ceux qui l’entourent et qui veulent toujours sauter à la conclusion sans se contraindre à ne suivre que la seule logique. Ainsi, Monsieur Bouc, pressé de voir l’affaire résolue, aimerait visiblement que le coupable soit le passager d’origine italienne : on sait bien, en effet, que ces gens-là sont brutaux et prompts à s’enflammer. Douze coups de couteau, voilà qui ressemble bien à un crime commis par un italien, pense Monsieur Bouc en substance. Mais Hercule Poirot ne s’arrête pas à ce genre de suppositions… heureusement pour Foscarelli !

Alors ? Alors si vous êtes amateurs d’énigmes, et que vous êtes prêt(e)s à succomber au « charme » d’Hercule Poirot, prenez votre ticket : il reste encore quelques compartiments de première classe…

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1 réflexion au sujet de “Le crime de l’Orient-Express”

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