Aventures, Drame, Roman noir

Terres fauves

Chronique de Terres fauves, de Patrice Gain.

« Nous avons survolé des forêts inhospitalières et des bras de mer qui s’enfonçaient loin dans les terres. Après une vingtaine de minutes, l’hélicoptère a décrit un cercle au-dessus d’une maison au toit vert. On ne distinguait aucune autre habitation aux alentours. Il y avait là toute la quintessence de ce qui m’angoissait ; le genre d’endroit où le voisin le plus proche est le bon Dieu. Je tiens cette expression de ma mère. Elle savait de quoi elle parlait. Ma mère est née dans une ferme des plaines de l’Ohio. »

Patrice Gain, Terres fauves, Le Livre de Poche, 2020, p. 52.

Motivations initiales

Nouvelle lecture dans le cadre du Prix des lecteurs du Livre de Poche 2020, section policiers. Et découverte d’un nouvel auteur. Alors, que nous proposent donc ces Terres fauves ?

Synopsis

Un auteur new-yorkais, David McCae, vit – survit ? – en travaillant sur des livres de commande pour son éditeur. Il travaille actuellement sur les Mémoires du gouverneur de l’État, alors que sa petite amie vient de le quitter.

Après avoir demandé de nombreuses modifications sur le texte, l’homme politique, qui souhaite visiblement faire de la sortie de ce livre un moment fort de la campagne pour sa réélection, demande alors à ce qu’un chapitre soit ajouté, à partir des confidences d’un de ces amis, alpiniste célèbre, le premier américain à avoir vaincu un sommet de plus de 8000 mètres.

Pour cela, David se trouve contraint de prendre la direction de Valdez, en Alaska. Un voyage très perturbant pour un homme qui ne supporte pas de quitter New-York… surtout que ce n’est que le début d’une aventure que jamais David n’aurait pu imaginer…

Avis

Il arrive que l’on passe à côté d’un livre. Eh bien c’est exactement ce qui s’est produit pour moi avec ces Terres fauves. La question n’est pas de savoir si c’est un bon ou un mauvais livre : il a déjà trouvé son public, suffisamment pour être publié au Livre de Poche, et recevoir un prix au Festival du polar de Villeneuve-lez-Avignon en 2019. Pourtant, je n’ai pas accroché, de bout en bout.

Le personnage central, d’abord. Ce David McCae. Écrivain « raté », il ne fait pas grand-chose de sa vie. Il a une sœur, mais, par paresse, par désintérêt, par manque d’implication, peut-être, il ne l’a pas vue depuis qu’ils ont été séparés, à la mort de leurs parents. Et cela semble lui convenir. Il vient de se faire plaquer : Louise, sa petite amie, en a finalement eu « marre de l’avoir dans les pattes ». Il n’a pas d’amis, pas de vie sociale digne de ce nom. Bon… il ne semble pas non plus être particulièrement intéressant, il n’est pas très curieux, et il m’a semblé bourré de préjugés, sur la campagne, sur tout ce qui n’est pas New-York, en fait – mais pas tant parce qu’il aime New-York que parce qu’il ne semble pas disposé à faire l’effort d’ouverture que cela demande d’être en capacité de découvrir…

Il part donc à reculons pour l’Alaska. Il n’aime pas l’avion, il n’aime pas les voyages, il n’aime pas ce qu’il ne connait pas, il n’aime pas les chasseurs, il n’aime pas… Faire la liste de ce qu’il aime irait bien plus vite !

Mais, après tout, rien n’oblige à apprécier le héros – ou l’anti-héros – d’une histoire. On peut apprécier les histoires avec le Joker, sans cautionner son attitude. Donc, ok, ce personnage me parait singulièrement obtus, mais, après tout, j’en connais d’autres.

Le voilà donc parti pour l’Alaska. Pour éviter de trop se mêler à des gens, il préfère boire seul et, parfois, enregistre l’homme qu’il est venu interviewer, un alpiniste célèbre pour avoir, premier américain, conquis un nouveau sommet à plus de 8000 mètres. Et, miracle… alors que David s’est endormi, ce dernier, fortement alcoolisé, se livre à des confidences pour le moins compromettantes. Double miracle, l’enregistreur de David fonctionne encore au moment où cela se produit. Et, triple miracle, il réécoute l’enregistrement, et jusqu’au bout. Le voilà en possession d’informations sensibles…

Son « client » emmène alors David dans un lodge de chasse. A-t-il déjà une idée en tête ? A priori non, car il ne sait pas ce que David a enregistré. Mais, une fois qu’il en a connaissance, il décide d’abandonner David sur place, comptant que la nature – et les ours – se chargent d’éliminer le problème… Et, là, subitement, alors que la température s’est établie à -12°C, attaqué par un ours, David trouve au fond de lui des ressources insoupçonnées… et, pour tout dire, qui semblent assez peu réalistes. Puis, alors qu’il est sérieusement diminué physiquement, il est soudain capable d’accompagner un trappeur accompli dans les bois, de pister suffisamment discrètement pour ne pas être repéré un chasseur de métier… Au point que notre « héros » s’en étonne lui-même, et se dit que, si ça se trouve, c’est par transfusion qu’il a acquit ces connaissances… Moui, on n’a qu’à dire cela…

Enfin, j’ai eu l’impression, par moments, que le livre se transformait en catalogue de pépiniériste ou en dictionnaire des animaux du Grand Nord (section des oiseaux). Il y a même un mot – growler – dont je n’ai pas su trouver la signification dans le contexte de l’Alaska.

Bon… pas pour moi, ce livre, je pense que c’est assez évident. Mais sans doute nombre de lecteurs se laisseront emporter par cette histoire !

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