Policiers, Psychologique, Thrillers

L’empathie

Chronique de L’empathie, de Antoine Renand.

« Je suis pour ma part spécialisé dans les violeurs en série mais je les inclus dans un cheminement psychique semblable à celui des serial killers. Beaucoup de tueurs en série ont commencé par violer, puis ont tué pour ne pas laisser derrière eux une victime susceptible de les identifier. Ensuite ils ont pris goût au meurtre, à la mise à mort, au sentiment de domination sur un autre être humain au point d’y devenir addict et que ça représente pour eux le comble du plaisir. »

Antoine Renand, L’empathie, Éditions Pocket, 2020, p. 188.

Motivations initiales

Je regarde de façon assidue les vidéos Youtube de la librairie de la Griffe Noire et ce live m’a mis l’eau à la bouche ! Vous commencez à me connaître, moi, j’aime lorsque le sang gicle et que le livre me donne des frissons donc j’ai voulu tenter l’expérience avec celui-ci…

Synopsis

Anthony Rauch est un bon flic avec un instinct surprenant. Il fait partie de la brigade du viol appartenant au 2° district de la police judiciaire. Il fait preuve d’énormément d’empathie envers les victimes, il veut absolument retrouver les auteurs, pour qu’ils soient punis, enfermés et, de préférence, qu’ils ne sortent plus !

La brigade du viol est saisie pour une affaire particulière. « Le Lézard » grimpe à mains nues les façades des immeubles parisiens et s’introduit dans les habitations sans aucun bruit. Il jubile de surprendre ses victimes endormies ou bien en train de faire des choses salaces dans leur chambre à coucher. Il aime obliger l’homme – qu’il considère comme un Oméga – à regarder le viol de sa compagne. « Le Lézard » inflige à la femme des supplices affreux en plus du viol, il la prive d’oxygène et lors qu’il sent qu’elle va s’évanouir il lâche prise pour la laisser respirer…

Les flics sont sur les dents, il faut à tout prix arrêter ce psychopathe… Ils attendent qu’il commette une faute… Mais la faute ne vient pas et « Le Lézard » s’affirme en tant que mâle Alpha.

Qui d’Anthony Rauch ou du mâle Alpha gagnera cette course contre la montre ? Et quels sont les dommages collatéraux de cette terrifiante chasse à l’homme ? Pour Anthony Rauch, le prix à payer risque d’être particulièrement élevé…

Avis

> Avis 1

Vous l’avez compris, j’attendais énormément de ce livre. Gérard Collard, dans sa chronique, disait que lorsqu’on a lu ce livre, on ne dort plus jamais la fenêtre ouverte. Et même que l’on risque, pendant quelque temps, d’avoir l’impression que l’on nous suit…

Alors ? Verdict ? Roulement de tambour… Ce thriller tient toutes ses promesses ! Il réunit tout ce que j’aime, du sang qui gicle partout dans la pièce, des coups de tachycardie lorsque le récit se concentre le psychopathe et son histoire et des personnages meurtris et ultra-complexes.

Je l’ai dévoré en deux jours, impossible de le fermer, il fallait que je sache qui du bon flic ou du psychopathe allait l’emporter. C’est addictif, c’est ultra-angoissant, c’est franchement sale par moments et, surtout, c’est très très noir. C’est un énorme coup de cœur.

J’ai particulièrement aimé la complexité de chaque personnage. Ils ont tous des destins particuliers, ils sont tous meurtris par leur enfance. Leurs histoires tournent énormément autour de viols et de situations d’asservissement. On a l’impression que l’auteur cherche à montrer que briser le cercle de la maltraitance ou des abus sexuels, lorsque l’on devient adulte, est très dur et qu’il suffit de trois fois rien pour franchir la ligne jaune et laisser notre côté noir prendre le dessus.

Je ne peux pas trop en dire car je ne veux pas spoiler l’histoire et les rebondissements mais si vous avez les tripes accrochées, envie de sensations fortes alors ce livre est pour vous ! Personnellement, je crois effectivement qu’on ne dormira plus JAMAIS la fenêtre ouverte !!!

> Avis 2

Ainsi que vous aviez pu le lire voilà quelque temps, l’un de nous avait découvert et lu ce roman. Son avis figure juste au-dessus. Et puis nous avons eu le plaisir de le retrouver dans la sélection du Prix Nouvelles voix du polar, et d’être retenus pour participer à ce jury, occasion, du coup, de lire à mon tour ce livre.

Et je me joins à l’avis précédent pour dire, avant toute chose, que ce livre est extrêmement efficace. On découvre Alpha très vite, on mesure tout aussi rapidement à quel point il va s’avérer dangereux.

On fait ensuite connaissance avec la « brigade du viol » et ses principaux acteurs, Anthony Rauch et Marion Mesny, notamment. On apprend à les découvrir, à la fois dans leur pratique professionnelle, alors qu’ils accompagnent des femmes victimes de viol, avec toute la complexité que cela implique, et dans leur vie personnelle. On les découvre, on les surprend dans leur complexité, on prend la mesure de leurs blessures, qui les rendent humains.

Et puis tout part en vrille. Leurs vies explosent, littéralement. Parce qu’Anthony a joué la provocation vis-à-vis d’Alpha, sur un plateau télé. Parviendront-ils à surmonter cela, et si oui, comment, je vous laisse le découvrir.

Une bonne partie du livre me rappelle aussi des réflexions autour des raisons qui nous amènent à choisir un métier, des centres d’intérêt. Faisons-nous réellement des choix librement, ou est-ce que ce sont les événements qui nous façonnent et nous amènent à prendre certaines orientations ? Ou, pour le dire autrement, sommes-nous, au moment où nous devons effectuer ces choix, véritablement en capacité de les faire de façon indépendante ?

S’il devait y avoir un bémol dans tout cela, ce serait la construction du livre. La table des matières insiste sur une sorte de découpage par personnage, mais qui, en réalité, n’a pas réellement de sens dans la lecture, et qui, finalement, me semble assez artificielle. Au contraire, je trouve que l’ajout d’intertitres à certaines sous-parties attire l’attention sur des choses qui, de mon point de vue, n’apporte pas grand-chose.

Mais, bon, cela reste vraiment de l’ordre du détail, par rapport à ce qui compte, c’est à dire à une histoire que l’on lit en apnée. C’est violent, donc si vous n’appréciez pas les grandes giclées d’hémoglobine, ce livre n’est probablement pas pour vous. Mais, pour tous les autres, aucune hésitation à avoir !

7 réflexions au sujet de “L’empathie”

  1. J’ai parfois été déçue par les coups de coeur de La Griffe noire….. Mais apparemment celui-ci est justifié (j’avais vu la chronique de Géard Collard). Je ne pense pas le lire mais cela montre que parfois c’est vraiment un coup de coeur 🙂

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