Policiers, Roman noir, Thrillers

Sa majesté des ombres

Chronique de Sa majesté des ombres, de Ghislain Gilberti.

« Il ignore combien de temps il est resté inconscient ni dans quel état il se trouve. De son corps nu et suspendu, il n’entrevoit que ses jambes lacérées de plaies irrégulières et un récipient gradué dans lequel s’écoule son sang, goutte après goutte, placé juste sous lui, sur le sol en béton brut de cette cave sombre. »

Ghislain Gilberti, Sa majesté des ombres, La mécanique générale, 2020, p. 103.

Motivations initiales

Cadeau de mon binôme de blog, sur les conseils souvent éclairés de Gérard Collard – La Griffe noire -, de quoi Sa majesté des ombres, premier tome de la Trilogie des ombres, allait-elle être le nom ? D’un top ou d’un flop ? Suspense…

Synopsis

Bruno Guillon contrôle une part importante du trafic de stupéfiants sur son secteur – l’Alsace, avec quelques incursions vers les départements environnants et de l’autre côté des frontières. Il contrôle… il règne, même, grâce à une surprenante clairvoyance, qui lui permet de déceler les menteurs, les tricheurs, les infiltrés…

Juin 2003. Au commissariat de Mulhouse, et en particulier à la Brigade des stups, dirigée par Jean-Marie Frietblatt, cela fait trois ans que l’on voit se développer, sans parvenir à le contrer, le « Réseau fantôme ». Alors quand une occasion se présente de décapiter l’hydre, Frietblatt n’hésite pas, il fonce… trop vite, peut-être ! L’opération se termine dans un bain de sang, dont la responsabilité est renvoyée sur Michel Grux, surnommé le Chacal. Mais n’y a-t-il pas ici davantage qu’un simple fait divers ?

Août 2010. Depuis sa mise en place, l’Office central pour la répression des violences physiques (OCRVP) a pour mission d’identifier des concordances entre affaires qui n’auraient pas été regroupées, parce que traitées par des équipes différentes. La commissaire Cécile Sanchez, célébrité de l’OCRVP, surnommée Torquemada, se retrouve chargée de deux dossiers, qui semblent présenter un mode opératoire identique. La même nuit, à Sélestat, un double meurtre – un couple, exécuté chez lui -, et l’assassinat d’un patron de bar à son domicile. Et, presque deux ans plus tôt, un autre double meurtre, à Saint-Louis, celui d’un jeune directeur de banque en suisse et de son amant…

Avis

C’est noir, c’est brutal, c’est glauque. Mais c’est surtout incroyablement punchy ! Addictif. Et irrespirable. Ce pavé de plus de 700 pages, je l’ai dévoré en quelques jours à peine. Et j’ai eu à peine fini le premier tome que j’ai couru chercher le deuxième, qui ne restera pas longtemps dans ma PAL, je peux déjà l’affirmer.

Tout fonctionne, comme une mécanique de précision. Parmi les policiers, il y en a des bons et des méchants, des purs et d’autres racistes, des tyrans et des gens bien. La commissaire Cécile Sanchez est un personnage suffisamment complexe pour que l’on ait envie de la suivre dans son combat. Les petites – et même les grandes – luttes intestines sont crédibles. Et quand on arrive à la fin de ce premier tome, on ne peut pas attendre, parce que l’on veut savoir comment tout cela va bien pouvoir évoluer, ce qui va arriver à nos chouchous, et si les affreux recevront bien, finalement, la punition qu’ils méritent – ce qui n’est pas le cas à ce moment de la trilogie ! -. Bref, impossible de se dire que l’on verra plus tard.

Je ne connais pas grand chose au monde des stupéfiants – mais non, je vous jure ! -, ni du côté des clients, ni du côté des trafiquants. Je ne connais pas non plus le monde des musiques électroniques. Mais le tableau qui en est tracé semble, lui aussi, parfaitement crédible.

C’est aussi la première fois que je lis un polar qui se déroule dans une région que je connais un peu, et pas uniquement à Strasbourg et à Mulhouse, mais aussi à Wittenheim, Zierolshofen, Sélestat, Scherwiller, Wintzenheim, Colmar, Hœrdt ou Marlenheim. Mais même si vous n’êtes pas familiers de ces noms, que vous vous demandez un peu comment les prononcer, ne soyez pas inquiets non plus : vous auriez la même impression si l’on vous parlait de quartiers de New-York ou de Shangaï !

Est-il nécessaire de préciser que la réponse à la première question de cette chronique – s’agit-il d’un top ou d’un flop ? – est, définitivement : un TOP ? Alors, pas d’hésitations : ceux qui aiment les polars francs, durs, allez donc voir ce qui se passe du côté du Prix Les géants du polar 2018 !

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

6 réflexions au sujet de “Sa majesté des ombres”

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