Aventures, Bandes dessinées

Ira Dei – T. 1 L’or des caïds

Chronique de Ira Dei – T. 1 L’or des caïds, de Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat.

« – Tancrède, j’admets que tu as su faire tes preuves. Je ne sais rien de toi, si ce n’est que tu es un vrai chef de guerre. Disons que cela me suffit pour l’insntant. J’attends donc tes conseils. Comment puis-je prendre cette ville au plus vite ?

– Mes conseils ont un prix, général.

– Ce que tu veux. Je n’ai qu’une parole.

– Eh bien, il est venu à mes oreilles une histoire des plus intéressantes. Les plus riches caïds de Messine ont fui la ville avant que les byzantins ne s’en emparent. Avec eux, ils ont pris leurs richesses. Un butin considérable. »

Vincent Brugeas et Ronan Roulhoat, Ira Dei – T. 1 L’or des caïds, Dargaud, 2018, p. 28.

Motivations initiales

Lorsqu’un grand type, à l’air revêche, vêtu de cuir, l’épée sanguinolente négligemment posée sur l’épaule droite et une croix à la main gauche, vous dévisage, vous faites quoi, vous ? Vous baissez les yeux, en espérant secrètement passer inaperçu – ce qui a autant de chance de se produire que d’être invisible le jour où vous êtes pris, le doigt encore couvert de confiture, le pot ouvert – ? Ou vous affrontez le regard, tout en essayant de repérer les voies par lesquelles il serait possible de fuit s’il prenait à l’individu en question l’idée déplorable de vous attaquer ? Eh bien, voilà, nous avons soutenu le regard, le jour où nous sommes tombés face-à-face avec Robert, alias Tancrède. Et nul ne peut dire qui l’a emporté dans cette lutte de regards, mais il est parti rejoindre notre PAL…

Synopsis

Au milieu du XIe siècle, la Sicile est un terrain d’affrontement où se retrouvent, se confrontent et s’allient – plus ou moins durablement – grecs, carthaginois, romains, byzantins, arabes. Chacun y teste son influence, le Pape, l’émir de Palerme, le Basileus Michel IV… Ce dernier a envoyé l’un de ses généraux, le Strategos Maniakès, reconquérir l’île pour le compte de Byzance.

Alors que le second de Maniakès, Harald, tente de prendre le contrôle de Taormine, survient un chevalier normand, à la tête d’une petite troupe de combattants. Tancrède – visiblement un nom d’emprunt – vient se mettre à son service. Il est accompagné du diacre Étienne, légat du Pape.

Mais Tancrède n’est pas Tancrède ; et Étienne cache bien des secrets…

Avis

J’ai très envie de ne dire que du bien de ce premier tome, que nous n’avons ressorti que tardivement de notre PAL. Mais l’honnêteté m’oblige à signaler quelques bémols – deux, surtout -. Pourtant, ma première réaction, à l’heure de refermer cet album, c’est de me dire qu’il n’aurait pas fallu tant tarder, et qu’il faut rapidement que nous nous procurions la suite. Donc, pour le dire autrement, c’est clairement le positif qui domine au moment de quitter – momentanément – Tancrède et Étienne – ce dernier, notamment, étant, disons-le, dans une situation peu confortable -.

D’abord, je ne sais pas pour vous, mais moi, cette période de l’histoire, j’adore. Notamment vu de notre XXIe siècle, confortablement installés dans un fauteuil capitonné ou enroulés dans un plaid, un thé fumant à portée de main.

J’imagine en revanche que nous serions bien moins enthousiasmés de devoir vivre dans le froid et l’humidité d’une tente, dans la brutalité d’un monde qui se cherche encore un sens. Les dessins, ici, rendent bien la violence du moment, où l’on n’hésite pas, pour une cause, à brûler, torturer, affamer, tuer.

Dans ce tome, on assiste à la mise en place d’un certain nombre de personnages. Tancrède – Robert, avant tout, à la tête de sa petite troupe multinationale et multilingue, dont on comprend rapidement qu’il poursuit un but plus grand et plus vaste que de simplement courir après les richesses offertes aux mercenaires. Étienne, pour sa part, parait bien fourbe. Sa mission, il semble prêt à tout pour l’accomplir… quitte à recourir à tous les artifices.

Par moment, cependant, dans cette mise en place, on s’y perd un peu. En tout cas, j’ai par moment perdu le fil, ne sachant plus qui était qui, qui faisait quoi. Mais le scénario d’ensemble vaut suffisamment le coup pour que l’on passe par-dessus ces petits moments de flottement.

Alors ? Alors, il est temps pour nous de nous procurer le tome 2. Et vous, prendrez-vous avez nous le chemin de la Sicile, à la recherche de l’or des caïds ?

PS : on me souffle dans l’oreillette que nous avions déjà eu l’occasion de croiser la route de Vincent Brugeas, auteur de The regiment, dont nous avons chroniqué les deux premiers tomes, ici et .

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

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