Policiers

La trilogie berlinoise

« Ce soir-là, on eût dit que tout Berlin s’était donné rendez-vous à Neukölln, où Goebbels devait parler. Comme à son habitude, il jouerait de sa voix en chef d’orchestre accompli, faisant alterner la douceur persuasive du violon et le son alerte et moqueur de la trompette. »

Philip Kerr, La trilogie berlinoise, Le Livre de Poche, p. 85, 2010.

Motivations initiales

Par hasard, j’ai attrapé ce livre sur l’étagère de mon libraire. Sur la quatrième de couverture, on nous présente Bernie Gunther, ex-commissaire de police berlinois devenu détective privé, « désabusé et courageux, perspicace et insolent », personnage de trois longues nouvelles ayant pour toile de fond l’Allemagne nazie, en 1936, 1938 et 1947. Ayant peu lu sur la période, mon attention a d’abord été attirée par le côté « privé » et noir.

Synospis

La première des trois nouvelles, « L’été de cristal », débute en 1936, dans Berlin qui prépare les Jeux Olympiques et où les nazis se concentrent sur le « nettoyage » des rues (on démonte les vitrines habituellement consacrées à la propagande  anti-juive pour ne pas choquer les visiteurs étrangers qui vont bientôt arriver), Bernie Gunther se voit confier une enquête : retrouver les meurtriers de la fille et du beau-fils de Herr Six… mais également un collier de diamants dérobé. Mais l’enquête se complique, et remonte finalement jusque dans les plus haute sphères politiques du IIIe Reich quand le Premier Ministre, Goering, intervient.

Mais l’enquête est aussi (surtout ?) l’occasion de nous faire partager (découvrir ?) la montée en puissance nazie, la violence croissante, la transformation progressive de la société allemande. Bernie, ancien commissaire de la Kripo (Kriminalpolizei), manie l’ironie, et n’hésite pas à afficher son dédain du pouvoir récemment installé… avant de faire le constat qu’il ne peut pas échapper à ses manipulations.

Avis

> L’avis de C

Certes j’aime lire mais j’ai un problème de fond : les gros pavés m’impressionnent et même quand la quatrième de couverture me plaît fortement je me pose toujours la question de savoir si, face au nombre de pages, la lassitude ne va pas pointer son nez… Certaines fois non et certaines fois oui… C’est malheureusement ce qui s’est produit pendant la lecture de ce livre…

Sur les bons conseils de T j’ai commencé la Trilogie berlinoise. La magie a opéré pendant quelques centaines de pages, j’ai accroché, à la fois sur le personnage principal Bernie Gunther qui est comparable à un chien de sang, il trouve toujours la résolution du problème, sur le climat tendu que l’auteur retrace à merveille en Allemagne d’avant, pendant et après le nazisme, et sur cette violence qui est maîtresse du pays. Mais après les deux premières nouvelles mais, j’ai commencé à lâcher prise et impossible de finir le livre…

J’avoue avoir eu un sentiment de frustration parce que T m’a parlé de Philip Kerr et de ses livres avec un tel engouement, une telle force, que j’avais envie moi aussi d’attendre avec une impatience folle les prochaines sorties des aventures de Bernie…

Tenace, et me connaissant, je pense que, lorsque j’aurai le temps, je réessayerai car Bernie gagne à être connu et suivi !

> L’avis de T

Je n’ai donné ici que le synopsis de la première nouvelle, mais autant le dire directement : j’ai eu l’impression de lire ce livre en apnée. Chacune des trois nouvelles apporte sa pierre à l’édifice : la première montre la mise en place et l’installation de ce régime dont on sait ce qu’il deviendra ; la deuxième se situe juste avant le déclenchement de la guerre, alors que toute l’énergie allemande est concentrée sur la préparation du conflit ; la troisième, enfin, se déroule en 1947, dans l’Allemagne vaincue, au milieu des champs de ruines, alors que tout manque y compris l’essentiel, et alors que les occupants, et notamment soviétiques, sont parfois d’une extrême violence.

J’ai trouvé ce livre remarquable, autant dans l’ironie que dans la violence – qui est fortement présente. Depuis, j’ai retrouvé Bernie dans sept autres autres enquêtes, la huitième est dans ma liste de livres à lire, et j’attends la traduction de la neuvième… Autant dire que je recommande chaudement !

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1 réflexion au sujet de “La trilogie berlinoise”

  1. Philip Kerr est juste un auteur magistral! Il écrit sur une période historique que j’affectionne particulièrement et a le talent de mêler la grande Histoire avec les petites et de ne jamais perdre le côté « humain » de l’ensemble! C’est vrai que le côté « pavé » peut être rédhibitoire mais perso, c’est pour moi l’assurance d’excellentes heures de lecture! 🙂

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