Essai, Historiques

Les grandes oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes

Chronique de Les grandes oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes, de Titiou Lecoq.

« Mais au XIXe siècle, on ne voit pas la femme comme puissante ou forte, on l’envisage comme une perpétuelle malade qu’il faut soigner à tout prix – et le prix est parfois très élevé… À la fin du siècle, on va jusqu’à pratiquer des ablations d’ovaires sains pour « calmer » les femmes. »

Titiou Lecoq, Les grandes oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes, Éditions de l’Iconoclaste, 2021, p. 208-209.

Motivations initiales

Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais dans le cadre du Prix des lectrices Elle 2020, j’ai lu le précédent ouvrage de Titiou Lecoq – Honoré et moi – et j’ai ri, j’ai appris des tonnes de choses plus ou moins drôles sur Balzac mais j’ai surtout constaté qu’il y avait toujours plus looser que nous !

Forcément j’attendais avec impatience son nouvel ouvrage et pour couronner le tout, il traite des femmes dans l’Histoire de France ! Quelle joie pour moi !

Synopsis

Vous ne vous êtes jamais rendus compte que les femmes sont les grandes absentes des manuels scolaires et des cours donnés à l’université ? Pourtant, il y a de nombreuses choses à dire ! Malgré l’appellation ô combien classique de « sexe faible », les femmes ont bien entendu agi… Elles ont régné, combattu, écrit, milité et même crié dans les rues !

Titiou Lecoq nous propose ici une revisite de l’Histoire de France en mettant la sphère féminine à l’honneur. De la Préhistoire à nos jours, préparez-vous à découvrir des faits marquants sur des femmes qui auraient mérité de rester dans nos mémoires et nos livres !

Avis

Après avoir pris un véritable shoot de plaisir lors de ma lecture du précédent ouvrage de Titiou Lecoq, j’avais tellement hâte de retrouver sa plume, son ton à la fois drôle et totalement cynique. Autant vous dire que j’ai acheté son nouvel ouvrage le jour de la sortie et puis… le temps a filé et je me rends compte qu’il trône dans ma pile à lire depuis un moment, sacrilège !

Il faut reconnaitre que Titiou Lecoq ne manque pas de toupet et de bravoure. Non contente d’avoir dépoussiéré Balzac et d’avoir remis son histoire au goût du jour, cette femme engagée décide de s’attaquer à un immense chantier – ou champs de mines ? – : la place des femmes dans l’Histoire de France. 

C’est vrai qu’il est étonnant de constater que seule Jeanne d’Arc a le droit d’apparaître dans les livres scolaires car certaines de ses semblables ont également mené des combats acharnés pour leur liberté ou bien encore pour acquérir des droits – eh oui Messieurs, dames, durant la Révolution Française, les femmes ont combattu sur les barricades et ont également milité pour un statut complet de citoyenne ! 

J’avoue qu’en ouvrant ce livre, les interrogations ont fusé dans mon cerveau. Comment faire bouger les lignes ? Et, surtout, comment l’auteure allait-elle faire passer son message aux lecteurs…  Pour ma part, j’espérais y trouver des références solides et sérieuses mais également quelque chose de divertissant.

Côté références sérieuses, on est servis. J’ai sauté de joie en voyant le nom d’un des historiens spécialiste du Moyen Âge cité dans ce livre ! Titiou Lecoq a visiblement mené un travail de dingue concernant les sources, elle a vraiment été gratter, fouiner pour trouver des références solides et qui viennent appuyer/renforcer ses dires !

Les exemples choisis sont également d’autant plus passionnants que ce ne sont pas ceux que l’on a l’habitude d’entendre, forcément je ne peux que féliciter l’auteure pour ce joli pied de nez aux hommes que l’on présente comme les seuls acteurs de l’Histoire ! Voir défiler sous la plume de Titiou Lecoq la vie et le combat de nombreuses femmes donne presque l’impression de vivre une grande épopée au travers des siècles ! La lecture est facilitée par les nombreuses anecdotes que l’auteure relate.

Mais, et c’est pour moi le seul bémol au sujet de ce livre, l’auteure a choisi de les présenter avec une légèreté qui flirte parfois avec une sorte de familiarité qui m’a parue excessive. Brunehaut aurait-elle apprécié d’être surnommée « Bru Bru » ? Et, ici, cela apporte-t-il quelque chose à la lecture ? Par moment, on en vient presque à se demander si Titiou Lecoq aurait appelé Napoléon « Napo »… ou Charlemagne « Cha Cha ». Or il s’agit de proposer un même traitement des hommes et des femmes, à la hauteur de leurs faits et gestes, non ?

Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’un livre nécessaire qui remet les choses à leur juste place, pour toutes celles et tous ceux qui considèrent que, pour faire un pas de plus vers une égalité entre femmes et hommes, il faut que les premières retrouvent leur véritable place dans l’Histoire de France !

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

5 réflexions au sujet de “Les grandes oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes”

  1. Je comprends ton interrogation quant aux surnoms que Lecoq donne à ces femmes ; pour avoir déjà lu certains de ses livres, elle serait en effet tout à fait capable d’appeler Napoléon Napo, ce n’est pas un traitement qu’elle réserve aux femmes – après, on aime ou on n’aime pas, c’est sûr.
    En tout cas, j’ai très envie de le lire, en plus j’ai entendu l’autrice l’autre jour à la radio !

    J’aime

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