Thrillers

Bleu Calypso

« Je suis arrivé à la cabane, juste avant que les nuages ne se déchirent. Les gouttes épaisses de tout à l’heure avaient cédé la place à une averse diluvienne. J’ai rapatrié la chaise longue et mes pots de camélia sous la véranda. Le rideau de pluie est devenu si épais que je ne voyais plus l’étang. J’ai ressenti bientôt l’envie d’aller descendre une bière ou deux. Il n’y a pas mieux qu’une Coors pour profiter du spectacle de la nature, parfaitement à l’abri sous une véranda. »

Charles Aubert, Bleu Calypso, Slatkine & Cie, 2019, p. 108.

Motivations initiales

Il nous avait fait de l’œil dans le catalogue de Slatkine. Et, en général,  on n’est pas déçus. Alors il a rejoint notre PAL… pour en ressortir rapidement !

Synopsis

Niels Hogan habite une cabane sur le bord de l’étang des Moures, et il fabrique des leurres pour la pêche du même nom. Il vit là depuis qu’il a quitté Paris et son poste de Directeur commercial, après une rupture sentimentale. Il partage avec son plus proche voisin, Vieux Bob, le goût de boire une bière en contemplant la nature qui les entoure. Bref, tout est calme dans sa vie !

Mais un matin, alors qu’il réalise en utilisation réelle des photos d’un nouveau leurre, le Bleu Calypso, il découvre sur l’un des clichés le visage d’un noyés, parmi les hautes herbes. Il prévient la police, qui vient sortir de l’eau le cadavre, et lui poser les questions d’usage.

Puis débarque Élise – Lizzie -, la fille de Vieux Bob, dont Niels ignorait jusqu’à l’existence. Elle est journaliste, et semble considérer comme normal que chacun se mette à son service dès lors qu’elle parait. Elle embarque donc Niels dans son enquête, car elle lui apprend que deux autres cadavres ont été retrouvés dans l’étang. Et, rapidement, un troisième corps vient s’ajouter à la liste, le problème étant que la nouvelle victime est le propriétaire d’un magasin avec lequel Niels a justement eu un accrochage quelques heures plus tôt.

Il passe alors du statut de témoin à celui de suspect. Le capitaine Serge Malkovitch est chargé de l’enquête : d’un abord plutôt froid, il semble convaincu de la culpabilité de Niels.

Où tout cela va-t-il mener ?

Avis

> L’avis de T

En quatrième de couverture, ce roman est qualifié de « polar doux », et cela semble curieux, d’autant plus que l’on ne manque pas de cadavres. Certes, il n’y a pas de scène gore juste pour le plaisir de faire trash, mais des morts violentes, le sabotage de matériel de plongée… Et pourtant, c’est effectivement un polar doux, apaisant et souriant que nous livre Charles Aubert.

En fait, on a autant envie de voir Niels se remettre vraiment de sa rupture avec Autumn, sa belle américaine qui l’avait laissé totalement amorphe, incapable de réagir, lorsqu’elle avait décidé, après trois années à Paris, de rentrer chez elle, que de le voir se sortir des griffes de Serge Malkovitch ! Et, en même temps, on est amusés par les manœuvres d’approche assez peu discrètes de Lizzie, dont on sent rapidement qu’elle peut sortir Niels de sa retraite volontaire.

L’histoire est bien construite, les indices sont distillés efficacement pour nous permettre de comprendre l’intrigue, avec juste un petit temps de retard. Bref, tout cela est efficace et finement amené.

Alors, certes, pas de sang sur les murs, pas de tripes ni de cervelle répandus allègrement. Ce n’est donc pas forcément le premier livre à recommander à un amateur de gore. Mais pour tous les amateurs de thillers bien ficelés, ça fait – très – largement le taf.

Mention spéciale, enfin, aux amateurs de culture japonaise. Visiblement, l’intérêt déclaré de Niels Hogan pour l’Orient – haïkus, cérémonie du thé… – est largement partagée par l’auteur (ou ce dernier utilise brillamment le web !). Chaque chapitre débute avec un haïku, leurs auteurs étant pour certains très connus, pour d’autres moins, et couvrant une large période de temps, du XVIe siècle à nos jours.

Ce qui est peut-être le plus agréable, dans ce livre, c’est que l’on est au plus près de l’humanité. Ces personnages sont attachants, blessés mais touchants. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont atterris là, au contact de la nature parce que l’humanité les a déçus, mais suffisamment tendres encore pour être capables d’y croire encore. J’espère seulement que Lizzie saura comprendre la responsabilité qui est la sienne, et qu’elle ne blessera pas Niels davantage…

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1 réflexion au sujet de “Bleu Calypso”

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