« Nous vivons dans un monde vraiment énigmatique, dit-elle en protégeant ses lunettes de la main. Je lis toutes sortes d’objets depuis des années et j’ai l’impression de ne rien connaître. Une Terre éclatée en morceaux. Des esprits de famille oublieux. Des Livres indéchiffrables. Vous. »
Christelle Dabos, Les disparus du Clairdelune, La passe-miroir, Livre 2, Gallimard Jeunesse, 2017, p. 300-301.
Auteur : Ô grimoire !
La sonate oubliée
« Elle enviait ces nymphettes insouciantes et désinvoltes, les trouvait délicieusement idiotes et superficielles, ne pensant qu’aux fringues, aux chanteurs pour ados et aux conquêtes masculines.Elle aurait adoré avoir un amoureux, mais aucun soupirant ne l’invitait à sortir, personne ne la draguait et, du reste, personne ne lui plaisait. Il y avait un abîme entre elles et les jeunes qui l’entouraient. »
Christiana Moreau, La sonate oubliée, Préludes Éditions, 2017, p. 23.
À chaque aube je meurs
« Un homme pieux d’anxieux heaumes brièvement saufs fors l’appréhension des préjudices préhensiles parut ; c’était un vieux serviteur auprès de son seigneurial maître épris du devoir sincère de s’acquitter des tâches souvent ingrates que celui-ci donnait dans l’ignorance des faits, puisque jamais à l’avis d’autrui il n’avait eu recours […]. »
Philippe de Blandère, À chaque aube je meurs, Éditions Baudelaire, 2017, p. 85.
Sous ses yeux
« Je rôde, examinant l’immeuble. La plupart des autres appartements sont condamnés. Des lattes de métal fermement fixées aux fenêtres pour que rien n’entre. Ni le mauvais temps, ni les squatteurs, ni les animaux. Le côté gauche du bâtiment est presque complètement vide. Ses entrailles pendouillent au vu et au su de tout le monde. »
Ross Armstrong, Sous ses yeux, le cherche midi, 2017, p. 65.
Louva
« Le comportement observé encouragea l’équipe à continuer. Cela confirmait leur espoir de recréer des chiens de garde et pas seulement de compagnie. Pour la troisième prise, ils mirent un sédatif dans l’appât. La louve n’était plus allaitante depuis peu, mais tant pis pour sa progéniture. Récupérer les jeunes aurait été un bonus expérimental, mais ils n’allaient pas risquer de tomber nez à nez avec le reste éventuel de la meute. »
Brigitte Rousseilles, Louva, Les Éditions Baudelaire, 2017, p. 16.
La passe-miroir – T.1
« – Je suis désolée…, répéta-t-elle piteusement.
Thorn abaissa alors sur elle un regard métallique qui lui donna l’impression qu’on lui plantait des clous dans le visage.
– Ne vous excusez pas trop vite, dit-il avec un accent encore plus dur qu’à l’accoutumée. Vous regretterez bien assez tôt de m’avoir comme mari. »
Christelle Dabos, Les fiancés de l’hiver, La passe-miroir, Livre 1, Gallimard Jeunesse, 2016, p. 446.
Unobtainium
Vous ne connaissez pas l’unobtainium ? Mais comment est-ce possible ? Non, non, rassurez-vous, si vous découvrez ce terme, c’est assez normal : il s’agit d’un néologisme, qui désigne tout matériau fictif, présentant en général des propriétés physiques impossibles. L’histoire de ce mot est en elle-même intéressante : souvent considéré comme émanant de la communauté de la science-fiction, mais non daté, son origine est visiblement anglo-saxonne : un-, un préfixe privatif, obtain (obtenir), et la terminaison –ium, qui rappelle le nom des métaux lourds (uranium, indium, gallium…). Lire la suite « Unobtainium »
Mémoires d’un gone
« Elle était d’une beauté époustouflante. Des cheveux blonds comme les blés, des yeux bleus, d’un bleu azur, elle avait de petites taches de rousseur sur son petit nez, et des lèvres, de belles lèvres rosées. »
Guillaume Fourreau, Mémoires d’un gone, Les Éditions Baudelaire, 2016, p. 8.
Partie de chasse
« De curieuses histoires en vérité, comme celle de nos lointains ancêtres qui, à la mort de nos rois, aimaient parait-il empaler toute la cour… Bouffons, cavaliers et dames, vêtus de leurs plus nobles parures périssaient ainsi, comme les pions d’un gigantesque jeu d’échecs… »
Pierre Christin, Enki Bilal, Partie de chasse, Les Humanoïdes associés, 1990 (2e édition), p. 12.
Monarques
« Je referme mon carnet de notes. Il ressemble à une carte routière. Un enchevêtrement de directions que, pour la plupart, je n’emprunterai jamais. Je serais incapable de nommer un tel espace autrement qu’en disant qu’il constitue désormais le cadre élastique d’une histoire sans début ni fin, mais formant un bloc homogène de fragments qui semble très ancien. »
Philippe Rahmy, Monarques, Éditions de la Table Ronde, 2017, p. 175.
