« On ne punit pas une insensée. Il me faudra chercher dans les interstices de ta vie. J’interrogerai Louise, je retrouverai les domestiques de Coussac, les témoins même lointains de votre existence. J’infléchirai les souvenirs, je gauchirai les preuves, j’égarerai la vérité. J’établirai une démence à laquelle je ne crois pas. »
Jean-Guy Soumy, La promesse, Éditions France loisirs, 2016, p.115.
Catégorie : Roman
Les enfants de Venise
« Une barque noire, longue et agile, apparut, comme surgie d’entre les roseaux. À bord, un homme dans la trentaine. Grand, maigre, vêtu de noir. Tiré à quatre épingles. Mais ce qui sautait d’abord aux yeux, c’étaient ses longs cheveux lisses, peignés avec soin, noués en chignon sur le côté droit avec un ruban rouge ».
Luca di Fulvio, Les enfants de Venise, Slatkine & Cie, 2017, p. 155.
Tous nos jours parfaits
« Finch est juste derrière moi. Si près que je sens son souffle. Il se penche et ajoute : Avant de mourir, je veux un jour parfait. »
Jennifer Niven, Tous nos jours parfaits, Gallimard, p.141, 2016.
En voiture, Simone !
« Même ta mère est invitée chez ton fils, alors que nous non ! A force de vexer tes belles-filles, tout le monde nous tourne le dos. J’en parlais au futur, mais c’est déjà le cas ! Le pire, c’est que je me sens coupable d’aller chez mon fils sans y être conviée. Mais, je te préviens, tes erreurs ne m’empêcheront pas de profiter de mes petits-enfants. Et ne pense même pas à t’imposer ! »
Aurélie Valognes, En voiture, Simone !, Le livre de poche, p.67, 2017.
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Mémé dans les orties
« Ferdinand Brun est né un vendredi 13. Sa mère a fait tout ce qu’elle a pu pour le retenir quelques heures de plus, mais c’est en avance de vingt minutes qu’elle a pu constater la décevante masculinité de sa progéniture non désirée. »
Aurélie Valognes, Mémé dans les orties, Le Livre de Poche, p. 23, 2016.
La part de l’autre
« Un jury de peintres, graveurs, dessinateurs et architectes avait tranché sans hésiter le cas du jeune homme. Trait malhabile. Composition confuse. Ignorance des techniques . Imagination conventionnelle. Cela ne leur avait pris qu’une minute et ils s’étaient prononcés sans scrupules : cet Adolf Hitler n’avait aucun avenir. »
Eric-Emmanuel Schmitt, La part de l’autre, Le Livre de Poche, p. 11, 2005 (Ed. 09).
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Le soleil sous la soie
« Nicolas lui proposa de passer le lendemain à la boutique afin de lui remettre un baume et une tisane qu’il aurait confectionnés. Il savait que, ce faisant, il venait d’enfreindre les règles en vigueur dans sa corporation de ne pas remettre en cause le diagnostic des médecins et de ne pas délivrer de potions médicinales. Mais il était persuadé d’avoir fait le meilleur choix pour son patient. »
Eric Marchal, Le soleil sous la soie, Editions Pocket, p. 80, 2013.
La cathédrale de la mer
« Arnau et Joanet eurent l’impression que leur dos, pourtant collé au mur de la vieille église, vibrait du rugissement jaillissant des gorges des hommes qui avaient tiré sur les cordes pendant des heures. Beaucoup se laissèrent tomber au sol. »
Ildefonso Falcones, La cathédrale de la mer, Edition Pocket, p. 141, 2009.
La petite barbare
« Un psychiatre, des avocats de La Défense, de l’accusation, un juge d’instruction. Le barnum de la justice au grand complet. Dans la famille La Loi, je voudrais l’indulgence. Pas dormi depuis trois jours, mes cheveux suintent de peur. Les visages ont des contours flous éclaboussés par des néons. Rien à manger, que du café. Je suis prête à avouer la mort du Christ et le génocide rwandais pour dormir. »
Astrid Manfredi, La petite barbare, Belfond, p. 85, 2015.
Un goût de cannelle et d’espoir
« Joyeux Noël, Hazel. Je t’écris les pieds gelés et un soin de moutarde sur la poitrine. J’ai très mal dormi la nuit dernière. La Gestapo est venue chez nous après minuit. Ils ratissaient la ville à la recherche d’un juif évadé. »
Sarah Mc Coy, Un goût de cannelle et d’espoir, Edition Pocket, p. 129, 2015.
