« De curieuses histoires en vérité, comme celle de nos lointains ancêtres qui, à la mort de nos rois, aimaient parait-il empaler toute la cour… Bouffons, cavaliers et dames, vêtus de leurs plus nobles parures périssaient ainsi, comme les pions d’un gigantesque jeu d’échecs… »
Pierre Christin, Enki Bilal, Partie de chasse, Les Humanoïdes associés, 1990 (2e édition), p. 12.
Catégorie : Historiques
Monarques
« Je referme mon carnet de notes. Il ressemble à une carte routière. Un enchevêtrement de directions que, pour la plupart, je n’emprunterai jamais. Je serais incapable de nommer un tel espace autrement qu’en disant qu’il constitue désormais le cadre élastique d’une histoire sans début ni fin, mais formant un bloc homogène de fragments qui semble très ancien. »
Philippe Rahmy, Monarques, Éditions de la Table Ronde, 2017, p. 175.
Cox ou la course du temps
« La correspondance, pourtant, ne tenait pas aux couleurs ou aux formes mais à son regard incomparablement expressif, à ses yeux : comment ils vous dévisageaient et comment une voile gonflée par le vent, la berge, l’étendue des champs qui les croisaient indolemment paraissaient se mirer en eux ; c’était à croire que cette femme n’aurait eu qu’à fermer les yeux pour que disparaissent toutes les images, tous les objets et créatures qu’ils reflétaient… Oui, c’était cela, ce devait avoir été cela : comme si ce regard était l’origine à laquelle renvoyait toute représentation en perspective du monde visible.«
Christoph Ransmayr, Cox ou la course du temps, Albin Michel, 2017, p. 41.
La promesse
« On ne punit pas une insensée. Il me faudra chercher dans les interstices de ta vie. J’interrogerai Louise, je retrouverai les domestiques de Coussac, les témoins même lointains de votre existence. J’infléchirai les souvenirs, je gauchirai les preuves, j’égarerai la vérité. J’établirai une démence à laquelle je ne crois pas. »
Jean-Guy Soumy, La promesse, Éditions France loisirs, 2016, p.115.
L’école de la guerre
« Ce que j’ai vécu, je le revis chaque jour malgré moi : on ne sort pas indemne de la guerre ! »
Alexandre Najjar, L’école de la guerre, Éditions de la Table Ronde, 2017, p.132.
Gladiatores
« Torse nu, les muscles bandés, il transpirait à grosses gouttes. Jamais il n’aurait imaginé Abrax capable d’une telle trahison, et c’était bien ce qui motivait son bras. Chaque entaille dans l’aubier était un reproche, chaque fente, une vindicte. Comment avait-il pu l’humilier de cette manière ? »
Marcus M. D., Gladiatores, Mix Éditions, 2016, p. 18.
Saint-Germain-des-Prés
« C’est peu dire que de ce côté-ci de la Seine, l’air que l’on respire fleure bon la littérature, l’amour des livres et des grands écrivains. »
Jean-Paul Caracalla, Saint-Germain-des-Prés, Éditions de la Table Ronde, 2017, p. 17.
Churchill m’a menti
« Churchill le fusille du regard. Les Allemands livrent la bataille d’Angleterre, progressent partout, bombardent Londres. Sa mission est d’abord de protéger son pays. Sa mission est de gagner la guerre ! De faire bouffer ses c… à Hitler !
Le père de Victoire sort du bureau du Premier Ministre atterré : les îliens sont sacrifiés. »
Caroline Grimm, Churchill m’a menti, Le Livre de Poche, 2016, p. 48.
L’alouette
« Tu dis ! « Bon, ils sont plus nombreux, ils ont de gros murs, des canons, de grosses réserves de flèches, ils sont toujours les plus forts. Soit. J’ai peur. Un bon coup. Là. Voilà. Maintenant que j’ai eu bien peur, allons-y ! » Et les autres sont si étonnés que tu n’aies pas peur que, du coup, ils se mettent à avoir peur, eux, et tu passes ! Tu passes, parce que comme tu es le plus intelligent, que tu as plus d’imagination, toi, tu as eu peur avant. Voilà tout le secret. »
Jean Anouilh, L’alouette, Éditions de la Table Ronde, 2004.
Les enfants de Venise
« Une barque noire, longue et agile, apparut, comme surgie d’entre les roseaux. À bord, un homme dans la trentaine. Grand, maigre, vêtu de noir. Tiré à quatre épingles. Mais ce qui sautait d’abord aux yeux, c’étaient ses longs cheveux lisses, peignés avec soin, noués en chignon sur le côté droit avec un ruban rouge ».
Luca di Fulvio, Les enfants de Venise, Slatkine & Cie, 2017, p. 155.
