Drame, Policiers

Les protégés de Sainte Kinga

Chronique de Les protégés de Sainte Kinga, de Marc Voltenauer.

« Les croyances et les convictions étaient pour lui les principaux dangers qui guettaient l’humanité. Persuadé de détenir la vérité, chacun s’enlisait dans ses propres certitudes, renforçant ainsi sa propre ignorance. Hugo aimait bien la sentence socratique, « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ». Reconnaître son ignorance comme postulat de base était l’attitude nécessaire pour s’ouvrir à une quête du savoir intelligente et demeurer critique à l’égard de soi-même.

Pour Hugo, les membres du Bloc identitaire suisse illustraient à merveille le concept de savants ignorants qui pensaient tout savoir. Plus ils s’enfermaient dans leurs convictions, plus leur ignorance des choses de ce monde se renforçait. »

Marc Voltenauer, Les protégés de Sainte Kinga, Slatkine & Cie, 2020, p. 379.

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Bandes dessinées

Tanz !

Chronique de Tanz !, de Maurane Mazars.

« – J’adorerais faire un ballet sur des textes de Kerouac…

– Ah non ! On a bien vu ce que ça donnait la prose et la danse !

– Comment ça ?

– Non mais Kerouac, ce sont déjà des mots qui dansent… Ça serait redondant… Et puis regarde la comédie musicale, ce qui se passe quand on fait du figuratif… Kerouac, ça doit rester de la poésie. »

Maurane Mazars, Tanz !, Les Éditions du Lombard, 2020, p. 79.

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Drame, Psychologique, Roman

Presque génial

Chronique de Presque génial, de Benedict Wells.

« Nous les mères ne savions pas en principe de qui venait le sperme. Tous les donneurs, nous disait-on, étaient beaux, en bonne santé et athlétiques. Ils avaient des pseudonymes tels que Donor Brian ou Donor Michael, et nous disposions de vagues informations sur leur profession, leur QI et leurs centres d’intérêt. On n’en savait pas davantage. […] Mais Monroe avait un assistant, un type falot appelé Andy, qui était amoureux de moi. Il a dérobé le dossier de ton père dans le bureau de Monroe. Ton père était diplômé de Harvard, il jouait du violon et avait un QI de 170. »

Benedict Wells, Presque génial, Slatkine & Cie, 2020, p. 102.

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Aventures, Roman, Westerns

Maktaaq

Chronique de Maktaaq, de Gildas Guyot.

« Trois ânes paisibles… si paisibles. Deux sont debout et veillent le troisième. Celui-ci est couché sur le flanc, en charpie. Il brille sous les rayons du soleil. Il n’en peut plus de déborder. Les ânes ne sont pas comme les tartines, ils ne tombent jamais côté confiture. De la croupe jusqu’à l’encolure tout est rouge et gluant, arraché. Dans la panique, il a traîné ses tripes sur trois pattes jusqu’à ce qu’il n’en ait plus la force. »

Gildas Guyot, Maktaaq, Éditions In8, 2020, p. 163.

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Aventures, Bandes dessinées, Policiers

New York Cannibals

Chronique de New York Cannibals, de Jerome Charyn (récit) et François Boucq (adaptation).

« – Pas besoin de vous faire un dessin, sergent, vous avez compris qu’on m’a mis dans l’obligation de relâcher Quinto et sa ribambelle de nymphettes.

– Après des mois à enquêter sur cet enfoiré, voilà comment on se le fait souffler. Il vous a donné les raisons, au moins ??

– Non, mais sans le savoir, on aurait marché sur les plates-bandes d’une opération en cours… Laquelle ? Il ne m’en a pas dit plus. Alors notre histoire de trafic de came, on peut joyeusement s’asseoir dessus ! »

Jerome Charyn et François Boucq, New York Cannibals, Les Éditions du Lombard, 2020, p. 49.

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Aventures, Heroic fantasy, Médiéval fantasy

Le chant des cavalières

Chronique de Le chant des cavalières, de Jeanne Mariem Correze.

« Il ne sert à rien de s’inquiéter des choses sur lesquelles tu n’as aucune emprise, bel arbrisseau. Rage et tempête tout ton saoul contre la course du soleil dans le ciel, personne n’arrête l’astre du jour. La roue des saisons tourne, immuable, sans daigner ralentir pour les mortelles que nous sommes. Nous nous angoisserons pour le voyage du retour le temps venu, en attendant, Zinia possède bien des secrets et des trésors qui valent la peine d’être vus, au moins une fois. »

Jeanne Mariem Correze, Le chant des cavalières, Les moutons électriques, 2020, p. 193.

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Roman noir, Témoignages

Chienne

Chronique de Chienne, de Marie-Pier Lafontaine.

« Le père adore jouer. Les jeux l’excitent. Les stratagèmes élaborés lui plaisent au plus haut point. Il en a mal aux testicules. Repousser les limites de l’interdit lui demande beaucoup d’ingéniosité. Comment agresser ses enfants sans les pénétrer. »

Marie-Pier Lafontaine, Chienne, Le Nouvel Attila, 2020, p. 13.

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Aventures, Jeunesses

Mortel un jour, mortel toujours

Chronique de Mortel un jour, mortel toujours, de Mr Tan et Diane Le Feyer.

« Il dirige le Détecteur vers Maman et lui. L’appareil se met à clignoter encore plus fort, et l’aiguille cogne contre le rebord : le score maximum ! Je n’en reviens pas ! Je bondis de mon lit pour me mettre debout !

Papa me montre le résultat sur le cadran du détecteur :

– Tu aurais dû le tester sur nous !

Mes parents ? MORTELS ? Alors là, je ne l’aurais jamais cru. »

Mr Tan, Diane Le Feyer, Mortel un jour, mortel toujours, Bayard jeunesse, 2020, p. 80-81.

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Drame, Psychologique, Roman

Château charbon

Chronique de Château charbon, de Yasha Breen.

« Disséminés çà et là, de grands lampadaires drapaient l’ambiance d’une teinte lugubre, un chouïa orangée, et assombrissaient la Nationale 3 durant la nuit. Pour être aussi sordides aujourd’hui, ces lampadaires avaient probablement été de splendides toucans chantant sous des cieux ensoleillés, des centaines d’années auparavant. C’est ce que nous nous disions au Château. »

Yasha Breen, Château charbon, Slatkine & Cie, 2020, p. 43.

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Historiques, Policiers

Le cœur et la chair

Chronique de Le cœur et la chair, d’Ambrose Parry.

« Elle ne le connaissait que depuis peu de temps, mais cela lui avait suffi pour le cataloguer comme un digne représentant de ses semblables : égocentrique, enclin à la grandiloquence et persuadé que son instruction le plaçait au-dessus de ceux qui n’avaient pas bénéficié des mêmes chances que lui. Elle repensa à son arrogance, quand il avait repoussé son conseil dans la salle d’attente. Il découvrirait rapidement qu’il valait mieux l’avoir comme amie que comme ennemie, mais elle était prête à être l’une ou l’autre – cela dépendrait de lui. »

Ambrose Parry, Le cœur et la chair, Éditions Points, 2020, p. 94.

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