Roman noir, Témoignages

Chienne

Chronique de Chienne, de Marie-Pier Lafontaine.

« Le père adore jouer. Les jeux l’excitent. Les stratagèmes élaborés lui plaisent au plus haut point. Il en a mal aux testicules. Repousser les limites de l’interdit lui demande beaucoup d’ingéniosité. Comment agresser ses enfants sans les pénétrer. »

Marie-Pier Lafontaine, Chienne, Le Nouvel Attila, 2020, p. 13.

Motivations initiales 

Ce livre est tombé par hasard entre mes mains lors d’une de mes virées en librairie… Il est très intriguant, sa couverture est construite de façon assez particulière lors que l’on retire le bandeau du livre ! Du coup, le livre a rejoint ma besace !

Synopsis

Le père est un sadique. Un sadique qui prend du plaisir à battre ses filles, à les réduire en esclavage, à les faire marcher à quatre pattes avec une laisse autour du cou. La mère est muette, elle voit mais ne s’interpose pas. Elle aussi est victime de la folie du père, il la viole et n’hésite pas à la terroriser de temps en temps. Elle lui a imposé une seule règle, il ne doit pas pénétrer ses filles…

Comment se construire après une enfance si terrible bercée par la violence et l’inceste ? Il ne faut pas s’étonner si l’enfant devenue femme se met à mordre.

Avis

Une terrible auto-fiction qui fait très très très froid dans le dos ! Forcément les faits relatés dans le roman nous glacent le sang, ça frôle la barbarie, c’est ultra-violent et surtout le père a la recette parfaite pour déshumaniser sa femme et ses deux filles.

Mais je pense que plus que les faits, c’est la construction très atypique du roman qui m’a glacé le sang ! En effet, ici le lecteur n’a pas accès à un livre structuré de façon classique avec des chapitres ou des pages de plein texte mais simplement des bribes de souvenirs, un peu dans le désordre… L’auteur déroule son auto-fiction sous forme de flashs, parfois cinq lignes sur une page, parfois une page complète… C’est très très déroutant ! Et puis, inutile de tenter de s’accrocher à un personnage ou bien de vouloir le décrypter, ici les filles n’ont pas de prénom, le père et la mère non plus ! Tout est réuni pour perturber le lecteur et le scotcher au siège, cerise sur le gâteau, on ne sait pas quand ni où nous sommes.. Bref, on a le minium d’informations mais un maximum de cruauté. 

On sent que le but de Marie-Pier Lafontaine est de raconter, de dire sans se censurer. Elle n’est pas là pour ménager son lecteur, elle le tient à distance ! Le style n’est pas gore, ni même pornographique, en revanche il est très brutal ! Et il soulève l’estomac…

Troublant, déroutant et dérangeant, ce livre je ne le conseille pas à tout le monde car il n’est pas facile d’accès. En revanche, je pense que la libération de la parole est nécessaire, se libérer pour se comprendre et tenter d’avancer, c’est la démarche de l’auteur. Brut, trash, cash, sans filtre, une lecture qui vous laisse des bleus sur le corps et dans l’esprit.

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