« N’oubliez toutefois jamais, messieurs, que vous n’êtes pas Dieu, aussi souvenez-vous que votre responsabilité dans une enquête est pleine et entière. Grâce à vous, le meurtrier pourra être arrêté… mais par votre faute l’erreur judiciaire pourra être commise !… Et une tête décollée ne se recolle pas… Soyez vigilants, messieurs ! Apprenez à douter et, par conséquent, à n’avoir aucune idée préconçue. »
Coline Gatel, Les suppliciées du Rhône, Préludes, 2019, p. 35.
Catégorie : Roman noir
Le Manoir d’Alderney
« Quelqu’un aux Affaires étrangères veut-il se débarrasser de Sidney ? Ou bien… y’a t’il un lien avec le meurtre de Morley Cross ? »
Anne Perry, Le Manoir d’Alderney, Éditions 10-18, 2019.
Juste après la vague
« Et la mère avait tout compris, comme s’il s’en doutait, parce qu’à ce moment-là elle posa sur lui un regard de feu, haine et désespoir mêlés, un regard qui l’accusait définitivement – et elle murmura, comme si c’était lui, rien que lui, comme si tout était sa faute, la mer, la tempête et le malheur :
– Qui vas-tu laisser ? »
Sandrine Collette, Juste après la vague, Le Livre de Poche, 2019, p. 32.
Né d’aucune femme
« Les mots, ils me font sentir autrement, même enfermée dans cette chambre. Ils représentent la seule liberté à laquelle j’ai droit, une liberté qu’on peut pas me retirer, puisque personne, à part Génie, sait qu’ils existent. »
Franck Bouysse, Né d’aucune femme, La manufacture de livres, 2019, p. 233.
L’aigle de sang
« Après trente-sept années, les Enfants de Freyja allaient à nouveau se réunir. Elle ne se réjouissait pas des circonstances dans lesquelles cette rencontre aurait lieu, mais, au fond d’elle, elle savait que les rituels vikings lui avaient manqué pendant toutes ces années. Ce clan avait été une sorte de famille, un point de repère dans une vie laborieuse. Même s’ils ne se connaissaient pas personnellement ou peut-être justement parce que les membres n’étaient lors de leurs cérémonies que des individus avec un pseudonyme, un prénom viking, ils endossaient à ce moment-là un rôle communautaire. Se cacher derrière un masque ajoutait au mystère. »
Marc Voltenauer, L’aigle de sang, Slatkine & Cie, 2019, p. 189.
La vraie vie
« Le rapprochement entre mon père et mon frère renforçait mon sentiment d’isolement. Ma relation avec Gilles était foutue tant que je n’aurais pas changé le passé. Et je savais que je ne pouvais pas espérer de proximité avec mon père parce que j’étais une fille… »
Adeline Dieudonné, La vraie vie, L’Iconoclaste, 2018, p. 118.
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37 fois
« Il assaisonnera alors les petits légumes de vinaigrette citronnée. Puis il disposera quelques pousses de pois gourmands dans chaque assiette avant d’éparpiller le reste des éléments de manière faussement aléatoire. Quand Patrick compose une salade, il a toujours l’impression d’être Jackson Pollock laissant goutter son pinceau sur la toile. »
Christopher J. Yates, 37 fois, le cherche-midi éditeur, 2019, p. 53.
Je me suis tue
« Je l’ai vue défiler devant moi, cette vie, et je l’ai refusée. Pierre était dans mes bras et déjà je ne le supportais plus. J’avais perdu tout espoir, l’humanité m’avait quittée, j’étais dans une impasse, je me débattais et il fallait que j’en sorte. À toute force. À tout prix. Il fallait que cela cesse. »
Mathieu Menegaux, Je me suis tue, Éditions Points, 2017, p. 98.
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Les larmes noires sur la terre
« Alors voilà, Moe met les sacs dans la Peugeot, cale l’enfant sur le vieux velours quelques instants. Après, elle s’assied par terre, juste devant. Et elle se met à pleurer. Tout doucement ma fille, pour pas qu’on t’entende. Pour pas qu’on te voie. »
Sandrine Collette, Les larmes noires sur la terre, Le Livre de Poche, 2018, p.72.
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Horrora borealis
« Face à ce chaos, un jeune chanteur du groupe Michigang voulut bondir sur Walker pour tenter de le maîtriser. Mal lui en prit de vouloir jouer les héros. Le canon fumant se retourna contre lui et un nouveau coup de feu claqua. Le projectile atteignit sa cible au front, traversa le crâne, fit voler la casquette et pulvérisa les chairs, les os et la matière cérébrale, avant de se perdre dans le néant. »
Nicolas Feuz, Horrora borealis, Le livre de poche, 2018, p. 127-128.
