Policiers, Roman noir, Thrillers

Les démoniaques

Chronique de Les démoniaques, de Mattias Köping.

« Ils reprennent en chœur :

« Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire ! »

Ils l’ont encerclée, hilares, à poil. Ils sont tous là, son père, son oncle, Simplet, Waldberg, Delveau, Beloncle. Elle est à quatre pattes au milieu de la meute, fragile et nue, déchirée de sanglots. Son père la maintient par les cheveux. Elle s’appelle Kimy. Ce soir, on fête ses quinze ans. »

Mattias Köping, Les démoniaques, La mécanique générale, 2016, p. 9.

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Policiers, Roman, Roman noir

Une vérité changeante

Chronique de Une vérité changeante, de Gianrico Carofiglio.

« Fenoglio soupira. Ce garçon lui faisait de la peine. Cela pouvait arriver, même avec des gens soupçonnés de crimes graves. Cependant, cette fois-ci, ce sentiment était plus fort encore. D’un côté, il était clair que le jeune ne disait pas la vérité, et qu’ils avaient sans doute trouvé la bonne personne. De l’autre, il y avait quelque chose qui ne le convainquait pas. Qui ne cadrait pas. »

Gianrico Carofiglio, Une vérité changeante, Slatkine & Cie, 2022, p. 48.

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Policiers, Roman noir, Thrillers

Les anges de Babylone

Chronique de Les anges de Babylone, de Ghislain Gilberti.

« Tous les revendeurs du gang mis au tapis, à la même heure, la même nuit. Une frappe coordonnée, précise, sans pitié ; cette attaque a été aussi violente que rapide, le temps d’un battement de cils. Puis le calme est revenu, comme si rien ne s’était passé. »

Ghislain Gilberti, Les anges de Babylone, Cosmopolis, 2019, p. 91.

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Drame, Roman, Roman noir

Des îles et des chiens

Chronique de Des îles et des chiens, de Sylvia Cagninacci.

« Les yeux de maman se sont mouillés. Sous l’effet des larmes qui restaient accrochées à ses cils, son regard s’est agrandi. Il est devenu intense, incandescent. Elle a passé son bras autour de la taille de papa. Elle a levé la tête vers lui sans un mot. Et j’ai compris qu’elle avait attendu qu’il fasse le premier pas. Elle voulait être reconquise ! Les femmes, pas facile de les suivre. »

Sylvia Cagninacci, Des îles et des chiens, Éditions In8, 2022, p. 31.

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Policiers, Roman noir

Par les rafales

Chronique de Par les rafales, de Valentine Imhof.

« Une femme toute écrite, un femme-livre, tout droit sorti d’une BD de Bilal, couverte d’un texte dense, calligraphié en lettres minuscules, à la manière d’un manuscrit médiéval, sans ponctuation, ni apostrophe, ni accent, un texte dont on ne peut distinguer ni le début ni la fin, qui serpente en une ligne têtue sur tout le haut de son corps, sur ses fesses et sur ses cuisses. »

Valentine Imhof, Par les rafales, Éditions du Rouergue, 2019, p. 76.

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Drame, Policiers, Roman noir

Les cancrelats, à coups de machette

Chronique de Les cancrelats, à coups de machette, de Frédéric Paulin.

« – Des types ont chargé les gens qui voulaient rentrer dans l’aéroport, explique-t-il d’une voix brisée. Ils avaient des sabres ou des machettes. Tout le monde s’est enfui. Il y avait des casques bleus au bout de la rue, ils n’ont rien fait.

Girard et le capitaine Sauvée s’approchent des grilles et regardent quelques instants les cadavres dans la rue. Trois femmes et un adolescent. Les deux caporaux discutent avec les soldats français, les félicitent de leur calme peut-être, leur explique sans doute que la France n’a pas à s’interposer entre les belligérants, que la situation est plus compliquée qu’il n’y paraît. »

Frédéric Paulin, Les cancrelats, à coups de machette, Éditions Goater, 2018, p. 70.

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Policiers, Roman noir, Thrillers

L’ange rouge

Chronique de L’ange rouge, de François Médéline.

« J’ai rejoint mon véhicule. J’ai allumé le radio-cassette. Fréquence Jazz. Piano. Duke Ellington. J’ai rêvé. J’ai fumé. J’étais conscient ou endormi. J’ai ouvert les yeux. La fenêtre était éteinte. Toutes les fenêtres étaient éteintes. J’ai vu : Thierry. J’ai vu : Alexandra. J’ai vu : la fille.

J’ai senti la fille. J’ai embrassé la fille. Je l’ai étreinte. J’étais conscient ou endormi. Elle était nue. Elle avait la voix de Thierry. Les seins d’Alexandra. Les hanches rondes d’Alexandra. »

François Médéline, L’ange rouge, Éditions Points, 2022, p. 308.

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Aventures, Policiers, Psychologique, Roman noir

Brume rouge

Chronique de Brume rouge, de Nicolas Feuz.

« À l’abbaye de Saint-Maurice, les mois s’étaient écoulés. Matthias avait fêté ses dix ans. Une fois tous les quinze jours, sa mère venait le voir. Des visites de vingt minutes dans une sorte de parloir, sous la surveillance des chanoines. Des échanges stériles avec une femme épuisée, que le garçon reconnaissait de moins en moins parce qu’elle buvait de plus en plus. »

Nicolas Feuz, Brume rouge, Slatkine & Cie, 2022, p. 84.

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Drame, Roman noir, Thrillers

Tigre obscur

Chronique de Tigre obscur, de Gilles Sebhan.

« Inévitablement, il leur était venu le désir d’y conduire leur souffre-douleur. Le petit gros qui ne savait pas se défendre et endurait si bien crachats et insultes. La maison avait le pouvoir de suggestion des grands démons si bien que c’est là, dans le silence de la forêt, que le garçon fut violé toute une journée. Ce fut le point culminant et ultime de son calvaire. En fin de journée, dans un sale état, il fut raccompagné jusque devant chez lui. On lui rappela qu’on savait où il habitait. Qu’il ferme sa gueule ou il verrait bien. »

Gilles Sebhan, Tigre obscur, Éditions du Rouergue, 2022, p. 113.

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Drame, Roman noir, Thrillers

Le piège

Chronique de Le piège, de Jean Hanff Korelitz.

« Combien de fois, en repensant à cette nuit-là – la dernière d’une période qu’il considèrerait toujours par la suite comme « l’avant » -, souhaiterait-il ne pas s’être fourvoyé à ce point ? Combien de fois, malgré la bonne fortune stupéfiante qui avait découlé de l’un de ces dossiers, souhaiterait-il avoir quitté ce bureau froid et impersonnel, retracé ses traces de pas boueuses dans le couloir, être retourné dans sa voiture et avoir refait les heures de trajet jusqu’à New-York et sa vie d’échecs ordinaires ? De trop nombreuses fois, mais c’était sans importance. Il serait alors trop tard pour y changer quoi que ce soit. »

Jean Hanff Korelitz, Le piège, le cherche midi, 2022, p. 18-19.

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