« Au final, qu’est-ce qu’une relation, sinon deux personnes, et entre ces deux personnes un espace de surprises, de malentendus, de choses inexpliquées. Une autre façon de le formuler serait peut-être de dire qu’il y aura toujours de la place entre deux personnes pour un imaginaire voué à l’échec. »
Katie Kitamura, Les pleureuses, Éditions Points, 2018, p. 59.
Catégorie : Drame
Les larmes noires sur la terre
« Alors voilà, Moe met les sacs dans la Peugeot, cale l’enfant sur le vieux velours quelques instants. Après, elle s’assied par terre, juste devant. Et elle se met à pleurer. Tout doucement ma fille, pour pas qu’on t’entende. Pour pas qu’on te voie. »
Sandrine Collette, Les larmes noires sur la terre, Le Livre de Poche, 2018, p.72.
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La fraternité
« Depuis toujours, je rêvais d’avoir des amis, de faire partie d’un cercle, et ce rêve était devenu réalité par le biais d’une imposture. Alex m’avait dit que je devais élucider un crime au Pitt Club. Certains membres de ce club étaient bizarres quand ils parlaient de femmes, comme s’ils n’avaient pour elles que du mépris, mais le plus bizarre, pour moi, c’était les femmes qui le savaient et venaient quand même aux soirées. »
Takis Würger, La fraternité, Slatkine & Cie, 2018, p. 97.
Le malheur du bas
« J’ai été violée. Tu n’as rien vu. Prise par tous les trous, du sexe au cul, du cul à la bouche, sur le siège d’une voiture pendant que tu mangeais et que tu buvais tranquillement avec ton patron au restaurant. […] Tu as continué à détruire mon corps, à le fourrer avec ton gros sexe et tes doigts. Thomas n’est pas ton fils. Il n’est que le fruit de mon agression. »
Inès Bayard, Le malheur du bas, Éditions Albin Michel, 2018, p.164.
Charlotte
« Merci pour tes dessins. Ils sont naïfs, approximatifs, inaboutis. Mais je les aime pour la puissance de leur promesse. Je les aime car j’ai entendu ta voix en les regardant. J’ai ressenti une forme de perte et une incertitude aussi. Peut-être même l’esquisse d’une folie. Une folie douce et docile, sage et polie, mais réelle. Voilà. Ce que je voulais te dire. Nous sommes un très beau début. »
David Foenkinos, Charlotte, Folio, 2018, p. 104.
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Prodiges et miracles
« En général, la place demeurait déserte, hormis les oiseaux gris et mauves, une petite volée agglutinée sur l’unique banc, une espèce dont le chant évoquait tout à fait la mélodie qu’un vétéran de la guerre de Sécession pourrait fredonner machinalement. Les boutiques donnant sur la place observaient le même air endeuillé, leurs vitrines sombres masqués par des stores crasseux, les commerces vidés de toute vie ; il y avait un troquet où trois clients s’étaient fait descendre près d’une décennie plus tôt, les taches de sang et les silhouettes des corps tracés à la craie étaient devenues indélébiles et marquaient à jamais la gargote du sceau de ce drame sordide digne d’un polar au rabais… »
Joe Meno, Prodiges et miracles, Agullo Éditions, 2018, p. 45.
Un fils parfait
« Il m’a prise dans ses bras et nous avons fait l’amour ce soir-là. J’en suis encore poisseuse et j’ai chaque jour honte d’avoir cédé à ses avances quoi, deux heures après que ma fille m’avait prévenue que son père était un malade, un pervers, un détraqué. Je ne l’ai pas crue, et j’ai couché avec le diable. Le pacte germano-soviétique, juste après Munich. Je ne me le pardonnerai jamais. »
Mathieu Menegaux, Le fils parfait, Éditions Points, 2018, p.54.
L’avancée de la nuit
« Il avait coupé les ponts, ou croyait avoir coupé les ponts, ou essayait de couper les ponts avec son milieu, auquel il ne pensait pas comme à un milieu, mais comme à un incident, plus que cela même, un accident. »
Jakuta Alikavazovic, L’avancée de la nuit, Éditions Points, 2018, p. 18.
Je suis Jeanne Hébuterne
« – Tête ovale, nez droit et épaté à la base, lèvre supérieure en forme de cœur… Un visage encore poupin… Tu ressembles à mes divas italiennes. Montre-moi tes mains ! Puissantes, grosses, des mains de fermière. Mais les mots ne suffisent pas à dire qui tu es. Les mots ne suffisent pas… »
Olivia Elkaim, Je suis Jeanne Hébuterne, Éditions Points, 2018, p. 29.
Vers la beauté
« Plusieurs fois, il lui avait dit qu’il n’aurait pas pu faire le trajet sans elle. Cela la rendait heureuse ; elle voulait être utile à cet homme. Elle voulait le suivre dans l’ombre, et elle voulait le suivre dans la lumière. »
David Foenkinos, Vers la beauté, Gallimard, 2018, p. 62.
