« – Une horreur, lâcha Louis. Sa voix était altérée. Un carnage. Pas du genre habituel, si vous voyez ce que je veux dire… »
Pierre Lemaitre, Travail soigné, Le Livre de Poche, 2017, p.19.
Catégorie : Drame
Le passage
« La porte une fois close, il est un instant cruel et redouté : spectateur impassible de la nudité d’autrui, le médecin doit se dévêtir à son tour et cet acte, plus encore que celui qui va suivre, l’épouvante et le rend maladroit ; mais la honte est bue, les gestes nécessaires sont accomplis ; et comme un vieux gymnaste aux jointures ankylosées, s’essayant maladroitement aux exercices de barre et de trapèze de sa jeunesse, le médecin se démène gauchement sur le divan d’un hôtel borgne. »
Jean Reverzy, Le passage, Les Éditions du Sonneur, 2014, p. 22-23.
La fin de la solitude
« Tu as un bon coup d’oeil, Jules. Ça me ferait plaisir que tu fasses de la photo plus tard, dit mon père. Et ces mots-là non plus, je ne les ai pas oubliés. »
Benedict Wells, La fin de la solitude, Slatkine & Cie, 2017, p. 40.
Frappe-toi le cœur
« C’est une phrase d’Alfred de Musset qui m’a impressionnée : « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » »
Amélie Nothomb, Frappe-toi le cœur, Albin Michel, 2017, p.93.
Bakhita
« Il y a des corps démembrés, brûlés, agonissant et gémissant dans de grandes flaques de sang. Il y a des chèvres errantes, des chiens qui pleurent et des oiseaux muets. Il y a des cases défoncées et des fourches à esclaves brisées, qui signent le passage des razzieurs. Le feu court encore de point en point. Il est la signature des négriers. »
Véronique Olmi, Bakhita, Albin Michel, 2017, p. 21.
L’étranger
« La gâchette a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse et c’est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J’ai secoué la sueur et le soleil. J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux. Alors j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût. Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur. »
Albert Camus, L’étranger, Folio, p. 93.
Les tilleuls de Berlin
« Le tilleul est le poète du crépuscule, il a choisi un papillon de nuit, le sphinx, pour porter le message de ses amours.
Le soleil se couchait, un prodigieux rut végétal était sur le point d’exploser. Au creux des corolles gorgées de nectar, les étamines se raidissaient, annonçant l’éternel retour de la vie. »
Jean Octeau, Les tilleuls de Berlin, Le Livre de Poche, 2017, p. 99.
Les mots entre mes mains
« Les changements en moi ? Sans vous, je ne suis que la moitié de moi-même. »
Guinevere Glasfurd, Les mots entre mes mains, Préludes Éditions, 2016, p. 203.
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Vous connaissez peut-être
« Le sujet, ce n’est pas seulement le chien Marvin ou pas seulement Lili. Le sujet, c’est Facebook et la promesse qu’offre les images. »
Joann Sfar, Vous connaissez peut-être, Éditions Albin Michel, 2017, p.76.
Mémoires d’un gone
« Elle était d’une beauté époustouflante. Des cheveux blonds comme les blés, des yeux bleus, d’un bleu azur, elle avait de petites taches de rousseur sur son petit nez, et des lèvres, de belles lèvres rosées. »
Guillaume Fourreau, Mémoires d’un gone, Les Éditions Baudelaire, 2016, p. 8.
