Aventures, Thrillers

La nuit du mal

Chronique de La nuit du mal, d’Éric Giacometti et Jacques Ravenne.

« Le sbire de la Gestapo leva la barre de fer à deux mains, dégageant d’un coup son visage. C’est ce que Tristan attendait. Il saisit la couronne rouillée et l’empala dans la gorge de l’assassin du prêtre.

– J’espère que tu es vacciné contre le tétanos…

Le regard incrédule, son adversaire fixait le sang qui fusait de son cou en jets frénétiques. Il tendit la main vers la couronne aux épines déjà dégoulinantes.

– Si tu la retires, tu meurs. »

Éric Giacometti et Jacques Ravenne, La nuit du mal, Le Livre de Poche, 2020, p. 274.

Motivations initiales

Livre de la sélection de juillet du Prix du polar des lecteurs du Livre de Poche 2020, occasion de découvrir ces deux auteurs, que je connais naturellement de nom mais que je n’avais jamais lu.

Synopsis

Deuxième tome de la saga du Soleil noir (tome 1 : Le triomphe des ténèbres), La nuit du mal débute à l’automne 1941, alors qu’Hitler et l’Allemagne nazie enchaîne les succès. Les panzers sont aux portes de Moscou et, surtout, Himmler pense avoir mis la main sur deux des quatre reliques – des swastikas – sacrées qui, d’après le Thule Borealis, assurent à celui qui les possède la domination absolue. Mais, en réalité, grâce à la complicité de Tristan Marcas, un français membre des brigades internationales, ce sont les Anglais qui sont en réalité en possession de la deuxième, celle qui est aux mains des allemands étant un faux.

Des deux côtés de l’échiquier, on est désormais en quête de la troisième relique, que les allemands recherchent du côté de la Crète, dans une abbaye autrichienne, puis à Venise. Tristan Marcas travaille toujours avec Erika von Essling, qui dirige l’Ahnenerbe, institut de recherches historiques allemand ; Laure d’Estillac, pour sa part, travaille désormais pour le SOE et le commander Malorley. Mais certaines des réponses aux énigmes qui se dressent sur la route de la relique ne seraient-elles pas à rechercher dans la jeunesse d’un certain Adolf Hitler ?

Le tout, naturellement, se déroule alors qu’à Berlin, les luttes entre Himmler, Goebbels, Heydrich et consorts battent leur plein, et que les Américains hésitent encore à prendre part au conflit.

Avis

Je suis très fan de ce genre d’histoires, qui mêlent, justement, intrigue et histoire. Un brin d’ésotérisme ne me dérange pas. Mais j’avais toujours hésité à lire Giacometti et Ravenne, ne sachant pas de quel côté ils se situaient sur l’axe qui va de Steve Berry à Dan Brown, c’est à dire entre l’auteur qui, cliniquement, spécifie pratiquement pour chaque élément historique signalé dans ses livres le vrai du faux, le connu et l’inventé, et, de l’autre, celui qui joue sur l’ambigüité et accumule les à-peu-près. Ce n’est pas pour rien que j’ai lu tout Steve Berry, ou presque, et que je fuis Dan Brown…

Je me demandais donc ce qu’allais me proposer cette Nuit du mal. J’ai donc grandement apprécié de découvrir la présence d’un bref chapitre « Discerner le vrai du faux » à la fin de l’ouvrage. Trop bref, probablement, j’y reviendrai, mais le minimum étant assuré, je pouvais attaquer la lecture.

L’histoire est bien fichue, c’est efficace, les personnages sont intéressants et suffisamment complexes pour qu’à aucun moment on ne les trouve caricaturaux. Ceux qui se trouvent dans le camp du Bien ne sont pas forcément gentils ; ceux qui se trouvent de l’autre côté de la frontière ne sont pas tous malintentionnés. Et c’est très appréciable.

Autre précision qui peut avoir son importance, puisque l’on est en présence du tome 2 d’une série : même en n’ayant pas lu le premier tome, on suit sans difficulté, puisque l’on est un peu dans une « deuxième saison ». Cela ne pose vraiment aucun problème.

Je reste tout de même un petit peu sur ma faim, concernant les éléments historiques mobilisés. Une partie de l’histoire se déroule à Venise, et met en scène des aristocrates italiens qui, regroupés au sein d’une Organisation des aristocrates fascistes, auraient, pour certains, des idées de résistance. Cette partie de l’histoire, si elle s’appuie sur des faits réels, et sachant qu’en dehors des spécialistes, autant on entend beaucoup parler du nazisme, mais beaucoup moins du fascisme italien. Mais il n’y a rien à ce sujet, dans le fameux chapitre consacré à donner quelques pistes sur ce qui est historique et ce qui est romancé, ce qui est bien dommage : après tout, comme c’est justement un sujet sur lequel assez peu de français sont, je pense, très au fait, même en imaginant que tout soit inventé, cela ne serait pas problématique. Mais j’aurais vraiment aimé trouvé un point sur ce côté-là de l’histoire !

Par contre, il y a un personnage que l’on ne s’attend pas à voir surgir là, et qui est une très bonne idée, parce qu’il y a une très jolie mise en abime. Je ne voudrais pas spoiler, mais chaque lecteur comprendra rapidement que ce personnage qui arrive au moment de partir pour Venise n’est pas anodin…

Ça se lit vraiment bien, on apprend des choses, l’histoire est bien fichue. Ce n’est pas un grand coup de cœur, mais ça fonctionne vraiment bien. Alors que tous ceux qui aiment ce genre de romans n’hésitent pas !

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