Aventures, Bandes dessinées, Fantasy

Bellem

Chronique de Bellem, de Jean-Claude Servais.

« Viens, Bellem, je t’emmène au grenier. Je n’ai jamais osé y aller toute seule, il y fait bien trop noir ! C’est là que sont cachés les livres qui racontent l’histoire de notre famille. »

Jean-Claude Servais, Bellem, Éditions Dupuis, 2022, p. 21.

Motivations initiales

Sur la cover, un ciel orangé, sur lequel se découpe un château. Au premier plan deux adolescents qui courent, en se tenant par la main. Sourire aux lèvres, ils ont la candeur de leur âge. Mais où courent-ils ? C’est ainsi que cette bande dessinée a rejoint notre PAL : afin que nous sachions, finalement, vers quoi ils courent.

Synopsis

La période est indéterminée. Peut-être sommes-nous au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle, peut-être un peu avant, peut-être un peu après. Émergeant de la forêt, une femme, tenant son jeune fils par la main, s’approche du château. Elle remet une lettre à l’enfant, lui dit de la remettre au marquis de Mauban. Puis elle se fond de nouveau dans la forêt…

L’enfant, dit la lettre, est le fils du marquis, et sa mère, Mélusine, rencontrée dans les bois, le lui adresse parce que, né d’une fée, il appartient néanmoins au monde des hommes. Le marquis et la marquise décide de l’accueillir, et il grandit auprès d’eux et de leur fille, Marie-Charlotte.

Dans la famille, l’un des ancêtres, Renaud de Lusignan, le chevalier au cygne, est réputé avoir rencontré Mélusine dans la forêt, avoir obtenu sa main, et l’avoir épousé. Mais, ayant trahi sa promesse de ne jamais chercher à savoir ce qu’elle faisait tous les samedis, il la perd, et devient fou. Cette histoire d’un romantisme fou constitue la toile de fond sur laquelle évolue la famille.

Bien évidemment, comme dans tous les contes de fées, il arrive ce qui doit arriver : bien que Bellem soit un peu étrange, un peu sauvage, que l’eau bénite le brûle et qu’il soit rétif aux leçons du curé, alors que Marie-Charlotte est douce, obéissante et calme, en grandissant, les deux enfants se découvrent des sentiments forts. Ils se jurent de ne jamais s’abandonner. Mais que valent les serments d’enfants, alors que le marquis et la marquise ont bien d’autres plans pour leur fille ?

Marie-Charlotte finit par épouser un noble de la région, alors que Bellem a été éloigné Bellem en l’envoyant dans une abbaye, mais celui-ci s’enfuit et, parcourant la région, s’en tient à la promesse faite à Marie-Charlotte : il vient la retrouver tous les samedis. Mais où peut donc les mener cette histoire ?

Avis

Je ne sais pas si vous avez lu des romans de chevalerie, plus jeunes. L’auteur cite d’ailleurs, qui ont visiblement alimenté son imagination, les contes et légendes d’Ardenne et de Gaume, dans lesquels on retrouve la fée Mélusine, les quatre frères Aymon, le cheval Bayard… Toute cette histoire, vous l’aurez compris, est tissée autour de cette trame. Elle respire l’enfance, le rêve, mais aussi cette cruauté des hommes qui ne veulent pas que les autres soient heureux.

Et en cela, cette bande dessinée est malheureusement très actuelle…

Mais bref. Bellem est un personnage libre, qui accepte la proposition de « l’homme noir », un envoyé de Satan qui ramasse au passage les âmes des humains en perdition qu’il croise.

Bellem et Marie-Charlotte vont-ils parvenir, finalement, à vivre selon la promesse qu’ils se sont faite, enfants ? Parviendront-ils à échapper aux préjugés, aux castes, aux injonctions de la religion et aux dogmes de la société ? Jean-Claude Servais nous laisse imaginer une fin, mais surtout, dans un épilogue, nous ramène à notre époque. Un cycliste – dûment casqué ! -, qui est probablement l’auteur, se promène dans cette forêt mystérieuse, sombre mais merveilleuse. Il ne cherche rien, peut-être seulement le repos et l’air pur, mais cela ne constitue-t-il pas, précisément, les meilleures conditions pour trouver un trésor ?

Il faut dire un mot, également, des dessins. Sombres quand la forêt se fait mystérieuse, ou que les hommes se déchirent, lumineux lorsque les enfants sont encore purs… Ils accompagnent le récit, le rythment de façon parfaite.

Si vous voulez retrouver, le temps d’une lecture, votre âme d’enfant, alors Bellem est fait pour vous. Il vous emmènera à la découverte de la forêt et du château de Reinhardstein, en Belgique. Mais attention, posez-vous d’abord la question : vous, que feriez-vous si vous croisiez Mélusine ?

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

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