Aventures, Humour

Pourquoi j’ai mangé mon père

« Avec de l’entraînement il n’y a pas de raison, disait-il encore, pour qu’un pithécanthrope ne coure pas le cent mètres en dix secondes deux dizièmes, ne saute pas un buisson de deux mètres dix de haut, ou, moyennant une perche, de cinq mètres soixante-quinze. »

Roy Lewis, Pourquoi j’ai mangé mon père, Babel, p. 26, 1996.

Motivations initiales

Ce livre m’a été recommandé, alors je l’ai lu. Alors je recommande ce livre, pour qu’il soit lu…

Synopsis

Ce livre débute on ne sait pas où, on ne sait pas quand, allant à l’encontre de toutes les règles que l’on pourrait penser devoir diriger l’écriture d’un livre. A priori, les protagonistes sont des pithécanthropes. Mais les sujets abordés, développés, mis en mots sont d’une actualité tellement troublante que l’on hésite à considérer que l’on est bien à la Préhistoire.

Edouard est un innovateur, un touche-à-tout génial, qui, dans notre société moderne, ferait probablement partie des makers. Il croit au progrès, et s’échine à résoudre les problèmes qui bloquent sa famille dans son évolution : maîtriser le feu, trouver la nourriture nécessaire et les  indispensables combustibles… Pour cela, il essaye, il teste, il tente, il expérimente, il avance par la méthode des essais et erreurs. Et il se heurte à son frère, Oncle Vania, conservateur obstiné qui refuse l’idée même du progrès, mais qui, de ce fait, se pose en écolo : surtout, ne rien changer, juste retourner vivre en haut des arbres, comme les singes le font. Son slogan, moult fois répété, est d’ailleurs éclairant : Back to the trees !

Que sortira-t-il de cette opposition de style ? Et, surtout, qu’est-ce que cela peut nous apprendre sur ce que nous sommes devenus ? C’est tout le sujet de ce livre.

Avis

> L’avis de C

T m’a présenté ce livre comme hilarant, drôle mais à la fois très intelligent…

C’est avec une impatience folle que je me lance dans la lecture de Pourquoi j’ai mangé mon père.

Mais au final, je passe complétement à côté de ce livre, je n’accroche pas, je ne comprends pas les subtilités et je trouve cela un brin déstabilisant et la présence des singes me paraît trop enfantine… Étant d’habitude d’une nature obstinée et tenace, pour une fois je n’ai pas persévéré, je n’ai pas relu le livre et je n’en ai aucune envie.

Mon jugement est sûrement biaisé et pas totalement réaliste alors je vous conseille de lire l’avis de T pour ce livre !

> L’avis de T

Ce livre, pour peu que l’on y entre, est juste hilarant. L’auteur ne recule devant aucun anachronisme, mais sans que cela lui fasse perdre sa ligne directrice, bien au contraire. La citation donnée en entrée de cet article est éclairante à cette égard : décrivant la lutte entre les « hommes » de l’époque et les carnassiers, il illustre son propos – qui consiste à souligner comment, dans la lutte pour la nourriture, l’homme à peine descendu des arbres n’a guère de chances face aux fauves de l’époque (lions, tigres à dents de sabre…), sauf à savoir courir – par une métaphore sportive des records d’athlétisme de l’époque où il écrit le livre (au début des années 60).

C’est drôle mais extrêmement intelligent. C’est typiquement le type de livre pour lequel on a envie d’employer le mot « jubilatoire ». Et c’est d’ailleurs ce sur quoi insiste, dans sa préface pour cette édition, Vercors, qui raconte comment ce livre lui a été chaudement recommandé par Théodore Monod, anthropologue, anthropologue et paléontologue, qui ne parvenait même pas à lui en lire des passages, tellement il riait, ce qui dénotait chez cet homme si sérieux. Et Vercors confirme : lui-même s’en étranglait de rire, à la grande surprise de son épouse.

Bref : ce livre démontre que l’on peut être sérieux sans se prendre au sérieux, et que l’on peut expliquer des choses extrêmement pertinentes tout en restant accessible et profondément amusant !

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