« Visqueux, le verre en fusion coula lentement au fond de la gorge ouverte en entonnoir. La silice fondue à mille cinq-cent degrés brûla tout sur son passage. Les lèvres, les dents, la langue, le palais, la trachée. Les chairs grésillèrent. Une odeur de viande carbonisée s’installa. »
Nicolas Feuz, Le miroir des âmes, Slatkine & Cie, 2018, p. 11.
Catégorie : Roman
Songe à la douceur
« Il va falloir tout expliquer, il va falloir revenir en arrière à nouveau avant de pouvoir continuer, c’est ça parfois la vie, … »
Clémentine Beauvais, Songe à la douceur, Éditions Points, 2018, p. 199.
L’avancée de la nuit
« Il avait coupé les ponts, ou croyait avoir coupé les ponts, ou essayait de couper les ponts avec son milieu, auquel il ne pensait pas comme à un milieu, mais comme à un incident, plus que cela même, un accident. »
Jakuta Alikavazovic, L’avancée de la nuit, Éditions Points, 2018, p. 18.
Loup et les hommes
« Il avait appris avec les Indiens que les mots peuvent manquer de conviction, d’engagement, de sincérité, alors que le corps ne ment jamais ; le corps peut exprimer pleinement une pensée, une émotion, et la communiquer plus subtilement, avec la chaleur qui manque souvent au verbe. »
Emmanuelle Pirotte, Loup et les hommes, cherche midi éditeur, 2018, p. 411.
Un bon jour pour mourir
« Malgré la fatigue du voyage, quand nous étions arrivés à Douglas, nous avions continué sur Agua Prieta sans même prendre le temps de manger. Et nous avions avalé une demi-douzaine de margharitas chacun, sauf Sylvia qui en avait tout de même bu trois avant le dîner. Il était alors près de minuit et nous étions tous super-excités. Tim avait avalé quelques pilules et nous avions laissé un mexicain nous guider vers le bordel sans dire à Sylvia où nous allions. »
Jim Harrison, Un bon jour pour mourir, Éditions Robert Laffont, 1985, p. 78.
Je suis Jeanne Hébuterne
« – Tête ovale, nez droit et épaté à la base, lèvre supérieure en forme de cœur… Un visage encore poupin… Tu ressembles à mes divas italiennes. Montre-moi tes mains ! Puissantes, grosses, des mains de fermière. Mais les mots ne suffisent pas à dire qui tu es. Les mots ne suffisent pas… »
Olivia Elkaim, Je suis Jeanne Hébuterne, Éditions Points, 2018, p. 29.
Vers la beauté
« Plusieurs fois, il lui avait dit qu’il n’aurait pas pu faire le trajet sans elle. Cela la rendait heureuse ; elle voulait être utile à cet homme. Elle voulait le suivre dans l’ombre, et elle voulait le suivre dans la lumière. »
David Foenkinos, Vers la beauté, Gallimard, 2018, p. 62.
Couleurs de l’incendie
« – À qui voulez vous nuire, madame de Péricourt ?
Tout était devenu simple. Il n’y avait plus à mentir.
– À un ancien banquier, à un député de l’Alliance démocratique et à un journaliste du Soir de Paris. »
Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, Albin Michel, 2017, p. 233.
Trois jours et une vie
« – C’est Théo, finit-elle par dire.
Ça n’avait rien de surprenant.
– Il est jaloux, c’est tout.
– Oh non ! s’écria Émilie. C’est pas ça…
Elle baissait les yeux, mais au fond elle brûlait de dire la vérité à Antoine, qui n’eut pas beaucoup à insister.
– Il dit comme ça que c’est toi qui as vu Rémi en dernier et… »
Pierre Lemaitre, Trois jours et une vie, Le Livre de Poche, 2017, p. 95.
Elle voulait juste marcher tout droit
« Dans le wagon, elle s’assit à côté de sa mère. En accrochant son sac, Diane découvrit ses avant-bras, et Alice remarqua quelque chose d’écrit, une sorte de code tatoué, comme pour les vaches. »
Sarah Barukh, Elle voulait juste marcher tout droit, Le Livre de Poche, 2018, p. 91.
