Psychologique, Thrillers

Dans son silence

Chronique de Dans son silence, d’Alex Michaelides.

« – Ah, je vois. Nous en avons parlé autrefois. N’est-ce pas ?

– De feux d’artifice ?

– D’amour. Du fait que l’on confond souvent amour et feu d’artifice, passion et dysfonctionnement. Mais le véritable amour est très calme, très tranquille. Il est ennuyeux, comparé au tumulte de la passion. L’amour est profond, calme, et constant. J’imagine que tu donnes de l’amour à Kathy, au vrai sens du terme. Qu’elle soit capable ou non de te le rendre est une autre question. »

Alex Michaelides, Dans son silence, Le Livre de Poche, 2020, p. 139.

Motivations initiales

Première lecture dans le cadre du Prix des lecteurs du Livre de Poche 2020, catégorie thrillers. Découverte d’un auteur, exactement la raison pour laquelle il est intéressant de participer à ce type de chose ! Alors, que vaut ce thriller ?

Synopsis

Depuis que la police a retrouvé Alicia Berenson, jeune peintre à succès, couverte de sang devant le cadavre de son mari, après qu’elle lui ait tiré cinq balles dans le visage – du moins est-ce la conclusion de l’enquête – celle-ci n’a plus prononcé un mot. Ni pour s’expliquer, ni pour se défendre. Rien. Elle est murée dans le silence, et, jugée irresponsable, est placée dans une clinique psychiatrique.

Six ans plus tard, Theo Faber, psychothérapeute, obtient un poste dans cette même clinique, avec, déjà, l’idée de la « sauver ». Mais les premières séances ne se déroulent pas comme il l’avait espéré… Il va falloir flirter avec les limites pour parvenir à détricoter l’écheveau de cette histoire…

Avis

> L’avis de T

L’idée de ce roman est, vraiment, excellente. Une affaire embrouillée à souhait, avec de multiples pistes, dont plusieurs, naturellement, sont fausses, c’est juste parfait. L’auteur – et c’est particulièrement notable pour un premier roman – a également l’intelligence de jouer finement sur le fil temporel de son histoire.

L’enquête dont il est question dans ce livre n’est pas policière, puisque l’on sait dès le départ qu’Alicia a tué, en tout cas qu’elle a été jugée pour cela et jugée irresponsable, d’où son internement. Mais les investigations, menées par Théo Faber, porte plutôt sur le personnage même d’Alicia : qui est-elle, qui fréquentait-elle, quelle était sa vie ? Et puis notre psychothérapeute cherche également à décrypter le seul message qu’Alicia ait laissé, un tableau, l’Alceste.

On est donc dans un thriller psychologique, dans un contexte psychiatrique dont l’atmosphère n’a pas été sans me rappeler Vol au dessus d’un nid de coucou… précisément le type d’atmosphère qui me met profondément mal à l’aise. Par moment, on peut aussi penser, pour les relations entre patients, à Orange is the new black, en moins trash.

Mais mon vrai gros bémol, c’est que l’on sent dès le démarrage qu’il va y avoir un twist. On le guette, on l’attend – pour ma part, à partir de la page 24, exactement -, et il survient finalement en page 393. Mais là où – surtout vu la nature de ce twist – on devrait avoir un véritable effet « wahou », moi j’ai perdu de la tension au fur et à mesure des pages. Même si ce n’est pas qu’une question de longueur, il me semble qu’un texte plus ramassé aurait été plus percutant. A posteriori, certains développements, même s’ils sont visiblement destinés à enrichir les personnages, à leur donner de l’épaisseur, me semblent finalement faire retomber la sauce.

Bref, ça m’a plu, mais alors que ça aurait pu être carrément génial, ça me laisse un peu sur ma faim…

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