Historiques, Témoignages

Mon nom est Selma

Chronique de Mon nom est Selma, de Selma Van de Perre.

« Els disait que la Résistance manquait d’effectif, surtout de jeunes femmes, et je lui ai répondu :

« Je pourrais peut-être vous aider ? » »

Selma Van de Perre, Mon nom est Selma, Éditions Alisio, 2021, p. 103.

Motivations initiales

Courant 2020, j’ai découvert les Éditions Alisio qui publient quasiment exclusivement des ouvrages historiques. À chaque nouvelle sortie, nous faisons partis des privilégiés qui ont l’honneur de recevoir leurs ouvrages… Alors, pour 2021, on commence avec ce témoignage qui contribue également au devoir de mémoire.

Synopsis

Selma. C’est le prénom de cette jeune néerlandaise, pleine d’insouciance alors que la Seconde Guerre Mondiale éclate. 

Ses parents, sa sœur et ses deux frères ont bien compris que l’Europe va être tourmentée par Adolf Hitler. Cette famille aisée, qui coulait des jours tranquilles, va être déchirée. 

Du jour au lendemain, ils sont mis à part, montrés du doigt, contraints à porter une étoile jaune cousue sur leurs vêtements, au niveau du cœur. Selma se sent bafouée, humiliée, elle refuse d’obéir… 

Rapidement, les rumeurs se répandent, les nazis arrêtent les juifs et les envoient vers l’Est dans des camps de travail. Mais, dans la famille, on ne veut pas croire que le pire est en marche… Le premier, le père de la famille est arrêté et déporté. Selma protège alors sa petite sœur et sa mère en les faisant entrer en clandestinité. Quant à elle, elle s’engage activement dans la Résistance. Mais ses actions la mèneront en prison, avant la déportation vers le camp de la mort de Ravensbrück.

Avis

Résistante, dénoncée et déportée. Selma Van de Perre, aujourd’hui âgée de 98 ans, nous livre ici la terrible et bouleversante histoire de sa jeunesse. Dès les premières pages de ce récit, le lecteur est comme aspiré aux côtés de la jeune Selma, on tremble, on espère et on se surprend même à pleurer avec elle. 

Les horreurs qu’elle a vues, qu’elle a subies n’ont jamais été altérées par le temps, la plaie est toujours là, béante et encore à vif. Comment se relever, comment avancer, comment passer outre ce que Selma a pu voir mais également vécu ? Les nazis lui ont tout pris, son insouciance, sa légèreté et sa famille – car oui, Selma a perdu ses grands-parents, ses oncles, ses tantes, ses cousins/cousines mais surtout sa petite sœur et ses parents.

Ce qui transpire de ce livre, ce n’est pas une envie de vengeance, loin de là, mais bien une volonté de fer, celle de vivre, de s’en sortir, de continuer à respirer, pour raconter, raconter sans fin, pour que rien ne retombe dans l’oubli, afin que la barbarie soit toujours pointée du doigt, pour que les générations futures puissent en tirer les leçons.

Le plus émouvant, dans ce récit, c’est sans aucun doute le fait que Selma taise ses noms et prénoms, et ce durant toute la guerre. Elle est en permanence sur le qui-vive, et, même à ses ami(e)s les plus proches, elle ne se confie pas. Cacher ses racines, enfouir son passé, dissimuler qu’elle est juive et que son véritable prénom n’est pas « Marga », aller jusqu’à « oublier » – même si ce n’est qu’en surface – les siens et ses coutumes, voilà peut-être ce qui souligne le mieux l’horreur que Selma a dû souffrir, de son entrée dans la clandestinité et tout au long de sa captivité à Ravensbrück, jusqu’à sa libération.

Ce livre n’est pas un témoignage accusateur, mais un récit qui, par moments, est plein d’amour, déborde d’une soif de liberté, mais qui, surtout, témoigne de l’inextinguible volonté de l’auteure de ne jamais renoncer. Pourtant, sa « carrière » dans la Résistance fait froid dans le dos ! Combien de nous auraient le courage de prendre le train avec une valise débordant de tickets de rationnement, ou remplie de faux papiers, au risque d’une arrestation immédiate en cas de contrôle ? Selma est une femme dont l’audace n’a d’égale que le courage, qui a besoin de se sentir utile, et qui ignore jusqu’à l’existence du verbe « abandonner ».

Ce récit est à lire absolument, car nous sommes tous – ou, du moins, pouvons tous être – vecteurs de mémoire. Ce récit est à lire pour ne jamais oublier. Ce récit est à lire pour que la mémoire de ces vies sacrifiées ne s’efface pas.

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