Historiques, Roman

La Pâqueline

Chronique de La Pâqueline, d’Isabelle Duquesnoy.

« Victor, j’ai juré de t’écrire mes souvenirs jusqu’au bout de leur histoire, mais je t’avoue que d’un coup, mes forces m’abandonnent. Je terminerai en rimes : demain, ou peut-être un autre soir, du corridor au fumoir, tu liras mon désespoir. »

Isabelle Duquesnoy, La Pâqueline, Éditions de la Martinière, 2021, p. 329.

Motivations initiales

J’avais lu L’Embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard il y a déjà quelques années. Dès la sortie de ce roman, je l’ai acheté car j’avais adoré le style de l’auteure mais faute de temps ou bien parce qu’il s’est retrouvé au fond de ma PAL, j’ai totalement zappé de le lire… Allez savoir pourquoi, j’ai décidé de m’y mettre il y a quelques temps en me disant « Mais pourquoi tu ne l’as pas encore lu ? »…

Synopsis

1798. Paris. Tout Paris se gausse de la triste histoire de Victor Renard, faire la chose avec des cadavres, le gamin a vraiment un esprit tordu !

Alors que le fils croupit en prison, sa mère – La Pâqueline – voit ses voisins rire d’elle. Ils ne perdent pas une occasion de l’humilier. Comme si la vie n’était pas assez dure avec elle, elle vient de voir sa maison partir en fumée… Elle a tout perdu !

Mais une idée assez saugrenue lui vient. Si Victor est en prison, personne ne loge dans son grand et luxueux appartement. La mère décide d’emménager clandestinement chez son fils. Elle découvre avec stupeur la richesse accumulée par son fils grâce à son métier d’embaumeur.

Pour se venger d’avoir un fils si tordu, elle décide de lui raconter son histoire personnelle en l’écrivant sur les murs de l’appartement, en n’omettant aucun détail croustillant ! Sans une once de culpabilité, elle ravage le logement de Victor tout en le dépouillant de ses biens.

Avis

Quelle odieuse mère que cette Pâqueline ! Elle fait froid dans le dos cette vieille dame ! Mais une chose est sûre : vous allez l’adorer autant que vous détesterez son manque d’amour maternel pour sa progéniture ! Partout où la Pâqueline passe, elle ne laisse pas indifférent !

J’avais dévoré l’histoire de son fils Victor Renard, Isabelle Duquesnoy partait donc avec des bons points dans les poches ! En ouvrant les premières pages de ce roman, je retrouve le style piquant et parfois grinçant de l’auteure qui me fait sourire et parfois hurler de rire. C’est hilarant mais en même temps cruel… Vous commencez à lire un chapitre et la Pâqueline vous attrape la main pour ne plus la lâcher avant que vous ayez entendu toute son histoire qui fait froid dans le dos. Ici, on côtoie les bordels parisiens, on découvre ce qu’est une personne « Bouc et bique » et on frôle les attouchements par un vieil alcoolique revenu des Indes. On voyage, on soupire, on espère mais rien à faire, la Pâqueline n’a pas une belle vie, toute rose, sans épines !

Isabelle Duquesnoy fait partie des auteurs qui ont un style inimitable et que les lecteurs reconnaitront à coup sûr. Le langage est parfois grossier mais sans en faire des caisses, juste ce qu’il faut pour faire rire, le style est vif et complétement débridé. Je n’ai pas vu les pages défiler, j’ai accroché à toute cette folle histoire et j’avoue que j’aurai eu envie de reprendre une centaine de pages de l’histoire de cette odieuse mère !

Une soupçon de délicatesse, un soupçon d’obscénité, la recette est parfaite et, si j’ose, un peu rabelaisienne. Bref, une très belle lecture que je vous recommande chaudement et c’est décidé, je veux un paon comme animal de compagnie !

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

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